La menace rampante de l'extrême-droite
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Après deux guerres mondiales, la Shoah, les génocides, les bombardements nucléaires d'Hiroshima et de Nagasaki, le colonialisme, les guerres d'indépendance, les luttes pour le pétrole, le XXème siècle a été riche en conflits.
Pourtant, malgré toutes les études sur ces sujets, les commémorations établies pour se souvenir, une partie de la population européenne est foncièrement ultra-nationaliste, révisionniste, voir même fasciste et néo-nazie. Aux Etats-Unis, la droite dure se renforce aussi par réaction à la politique de l'actuel président américain.
Les anti-Obama aux USA
Le président Barack Obama est devenu la cible non seulement des racistes en tout genre, mais désormais des néolibéralistes et des patriotes américains frustrés.
Les tentatives du président américain de réformes en faveur d'une couverture sociale élargie, notamment dans le domaine de la santé, et d'une régulation du marché financier, se heurtent à de vives oppositions. Sa dernière intervention visant à faire payer une taxe à une cinquantaine de grandes banques afin de récupérer les fonds publics dépensés lors du sauvetage du système financier ne risque pas d'améliorer sa côte de popularité. Au pays des libertés, il est interdit d'interdire. Obama est en train de l'apprendre, lui qui se fait traiter de "menteur", "traître" et de "socialiste", ce qui équivaut aux USA à dire communiste.
Ainsi, au sein de la société américaine s'est formé un front d'opposants, où libéralisme et patriotisme, sur fond de "God bless you", font bon ménage. Les anti-Obama font pression sur les sénateurs et se mobilisent pour faire échouer les réformes du président au Congrès, à travers des "tea-party". Comme 2010 sera l'année des législatives aux USA, les sénateurs peuvent craindre des représailles électorales par le biais des urnes. C'est en tout cas ce que prétendent les opposants.
Dans le documentaire "Wanted: Barack Obama" de Temps Présent, on découvre avec stupeur, Jonathan Krohn, un adolescent de 14 ans issu de la bourgeoisie américaine conservatrice. Devant une foule acquise à sa cause, il déclare: "Nous sommes le meilleur pays au monde et nous n'allons pas l'oublier! Conservateurs qui sommes-nous? Les républicains et les conservateurs doivent comprendre qui ils sont! Les Américains ne trouvent pas leur salut dans le gouvernement! Ils le trouvent en travaillant dur et bien!". Dans cette logique qui signe le retour de la méritocratie, la réussite s'explique par le travail et la volonté individuelle. Conséquence, les "loosers" ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes, l'Etat ne devrait pas les aider.
Les extrêmes-droites en Europe
Le second reportage diffusé dimanche 10 janvier sur la TSR, "Europe, l'ascenseur pour les fachos", dresse un constat inquiétant.
En 2008, l'ultra droite est à son plus haut niveau électoral depuis 1945 dans 18 pays d'Europe. Présente dans l'exécutif de 4 pays, elle fait aussi partie de la coalition parlementaire en Italie. On la retrouve aussi au Parlement européen, à Strasbourg, où siègent des députés issus directement de groupuscules fascistes et ouvertement négationnistes.
Si communiste est toujours une insulte en Italie, fasciste peut se dire ouvertement. Alessandra Mussolini, l'arrière-petite fille du "Duce", le dictateur fasciste, est une alliée politique de Silvio Berlusconi.
Paradoxalement, ces mouvements ultra-nationalistes européens, qu'ils soient allemands, italiens, belges, français, hongrois, suédois ou roumains se soutiennent mutuellement, se rendant visite lors de manifestations et d'évènements officiels et collaborant au sein du Parlement européen.
Reprenant les propos de l'émission, La Liberté a consacré un article aux accointances entre les différents partis d'extrême-droite européens, soulignant au passage le "re-lifting" de leur image en quelque chose de plus présentable et d'audible. La violence est désormais proscrite, le mot d'ordre est passé dans les rangs: pour se faire élire, il faut avoir l'air calme. S'ils sont prêts à jouer le jeu démocratique pour un moment en tout cas, leurs idées n'ont pas pour autant changé...
Un point commun
Les deux reportages montrent ces milieux radicaux prêts à s'organiser et à créer des systèmes d'organisation parallèle, quitte à ne pas envoyer les enfants à l'école publique. Les courants d'extrêmes-droites, qu'ils soient américains ou européens ont en tout cas une chose en commun: ils éprouvent un profond dégoût pour leur société, d'où un certain discours de victime et un programme de lutte contre la dégénérescence de la société en prônant des changements radicaux. De victimes, deviendront-ils les agresseurs de l'ordre établi? A Berlin, les menaces du parti néo-nazi, le NPD, sont prises très au sérieux, juste après les risques d'attentats terroristes.
Reste une question générale, la nature humaine évolue-t-elle plus lentement que l'histoire? Sinon comment comprendre que certains souhaitent rééditer la ségrégation raciale, prônant au passage la suprématie de leur race sur les autres, et souhaitant la mort de leurs adversaires politiques?
"L'homme (...) est bon et mauvais, disait George Sand. Mais il est quelque chose encore: la nuance" (dans "Professeurs de désespoir" de N. Huston). Les idéalismes aveugles de tout bord ont trop souvent conduit à des tueries, défendons plutôt les nuances.
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