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Logiciels de censure, un marché pour dictateurs

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Le blocage d'Internet en Orient, une censure favorisée par les technologies occidentales.
Photo : Keystone

Le marché des logiciels de filtrage de sites Internet jugés subversifs par les régimes forts du Proche-Orient et de l'Afrique du Nord est alimenté par les technologies développées en Amérique du Nord. Une situation qui met en cause l'ineptie des gouvernements des États-Unis et du Canada.

Websense, SmartFilter et Netsweeper... Les logiciels perfides se multiplient et facilitent le travail des censeurs du monde entier. Si le Bahreïn, l'Arabie Saoudite, Oman, le Soudan et le Koweït, utilisent SmartFilter de McAfee, le Yémen, le Qatar et les Émirats Arabes Unis lui préfèrent le canadien Netsweeper.

Toutes ces technologies de filtrage du web sont les mêmes que celles que l’on trouve dans les écoles, les bibliothèques ou les bureaux, d’Europe ou d’Amérique, où le blocage des contenus pornographiques est la norme. Si cette norme est justifiable, il y a là un potentiel pour un blocage plus massif, du fait de l'imperfection du système de catégorisation qui bloque aussi des sites tout à fait inoffensifs.
 
Ainsi, "au lieu de bloquer des adresses URL une par une, ils peuvent identifier des catégories (comme pornographie, drogue, tenues provocantes…) et bloquer des milliers de sites d’un seul coup", commente Jillian York, spécialiste d'Internet à l'Ecole de droit d'Harvard Global Voices.

Et le fait que Websense et Smartfilter soient des logiciels américains pose également problème: le programme pour la liberté de l'Internet du Département d'Etat américain subventionne, entre autres initiatives, des technologies servant à contourner des logiciels analogues à ceux qui sont exportés par ces mêmes entreprises.

Une contradiction embarrassante outre-atlantique, y compris pour la Secretaire d'Etat Amécicaine, Hillary Clinton qui, lors de son premier discours sur la liberté d’internet en janvier 2010, reconnaissait la nécessité pour ces entreprises de "prendre une position de principe", sans toutefois décider d'une action publique pour freiner l’exportation de ce type de logiciels.

Ce qui fait dire à Jillian York que "si le but du programme pour la liberté de l’internet est, comme l’a exprimé Hillary Clinton, d’exporter la liberté du Net, peut-être faut-il commencer par ne plus exporter la censure de l’Internet". Simple question de bon sens...

(Papa Noumou Ndiaye)

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