Huée, une équipe de «Quotidien» a dû être mise à l'abri

AFP

5.12.2021 - 16:34

Une équipe de l'émission «Quotidien» (TMC – TF1) a été huée par la foule durant le meeting d'Eric Zemmour, ont constaté des journalistes de l'AFP, et mise brièvement «à l'abri par sécurité», selon l'équipe du candidat d'extrême droite à la présidentielle.

AFP

5.12.2021 - 16:34

Des partisans du candidat d'extrême droite à la présidentielle de 2022 Eric Zemmour à un meeting à Villepinte, en Seine-Saint-Denis, le 5 décembre 2021
AFP

Alors que cette équipe interrogeait des participants, elle a été prise à partie, d'abord par un groupe de jeunes, puis par une foule de plus en plus importante. «Et tout le monde déteste Quotidien», ont crié de nombreux participants au premier meeting de campagne d'Eric Zemmour, organisé au Parc des expositions de Villepinte (Seine-Saint-Denis).

«Bande de vendus», pouvait-on aussi entendre dans les travées. La sécurité est rapidement intervenue pour exfiltrer l'équipe. «La sécurité les a mis à l'abri, eux n'ont pas été tapés. La sécurité a surréagi. Ils sont revenus. Il n'y a eu aucune violence», a assuré l'équipe de communication du candidat.

L'une des journalistes qui a été évacuée était bien de retour dans la salle une demi-heure après l'incident, ont pu constater des journalistes de l'AFP.

«Reconquête»

«L'enjeu est immense, si je gagne, ce sera le début de la reconquête du plus beau pays du monde», a promis le candidat, qui bâtit tout son discours depuis des mois sur le rejet de l'immigration et de l'islam, menaçant selon lui «un peuple français qui est là depuis 1000 ans et qui veut rester maître chez lui».

«Vous avez entendu dire que j'étais un fasciste, un raciste, un misogyne», a lancé Eric Zemmour, condamné à deux reprises pour provocation à la haine raciale, avant de se présenter comme une personnalité poursuivie par une «meute de politiques, de journalistes et de djihadistes».

Le candidat, dont le parti officiellement lancé dimanche a été baptisé «Reconquête!», a fait, avec plus d'une heure de retard, une entrée triomphale au son d'une musique aux accents grandiloquents.

«Zemmour casse-toi, Paris n'est pas à toi»

L'ambiance s'électrisait au fur et à mesure de l'attente de l'arrivée du candidat, devant 13'000 personnes réunies, selon les organisateurs, dans l'immense hall du Parc des Expositions de Villepinte, où 15'000 partisans étaient espérés.

Quelque minutes avant le discours du candidat, toutes les chaises des quelque 12'000 installées dans l'immense hall n'étaient pas occupées, a constaté l'AFP. Un clip d'une vingtaine de minutes retraçant les derniers mois de la tournée littéraire d'Eric Zemmour et de ses principales déclarations était projeté avant l'arrivée de l'intéressé.

Villepinte: dispersion d'un rassemblement de militants hostiles à Eric Zemmour

Villepinte: dispersion d'un rassemblement de militants hostiles à Eric Zemmour

Les forces de l'ordre repoussent des militants hostiles à Eric Zemmour dimanche à Villepinte, avant que le candidat d'extrême droite à l'élection présidentielle tienne son tout premier meeting.

05.12.2021

Un important dispositif de sécurité a été déployé aux abords du lieu du meeting, et plus d'une centaine de manifestants anti-Zemmour, protestant contre «le racisme, le négationnisme, l'homophobie» du candidat ont été dispersés par les forces de l'ordre. 

Quelque 2200 manifestants, selon la préfecture de police, ont défilé dans les rues de Paris pour dénoncer la candidature à l'élection présidentielle et le discours à leurs yeux «raciste» du polémiste d'extrême droite, aux cris de «Zemmour casse-toi, Paris n'est pas à toi».

«Sauvez la France»

Eric Zemmour, ancien éditorialiste télévisuel de 63 ans, s'est jeté dans la course à la présidentielle après des mois de faux suspense, affirmant vouloir «sauver la France» et ses valeurs menacées selon lui par l'immigration et l'islam.

Emmitouflée dans un manteau de fourrure, Maria, comptable à la retraite qui vit en région parisienne, explique avec un accent polonais chantant qu'elle soutient Zemmour pour lutter contre le «Grand remplacement», théorie selon laquelle des populations africaines et musulmanes vont remplacer les peuples européens.

«Dans ma rue, on ne parle que l'arabe. Il faut sauvegarder nos traditions, ne pas être submergés par la culture musulmane», dit cette Polonaise arrivée en France à 20 ans, «Française par mariage», «réfugiée d'un pays communiste», et qui s'est «intégrée sans rien réclamer».

«Il a un amour de la France que je ne ressens pas chez d'autres candidats», affirme pour sa part François, directeur financier dans une start-up, «pas le moins du monde choqué» par les condamnations en justice du candidat pour provocation à la haine raciale et religieuse.

Slogan emprunté à Napoléon

Le meeting de Villepinte se tient cinq jours après une annonce de candidature tumultueuse de l'ancien polémiste, dont le slogan officiel dévoilé samedi est: «Impossible n'est pas français», expression attribuée à Napoléon.

Eric Zemmour entend faire une démonstration de force pour prouver qu'il a effectué sa «mue» d'ancien pamphlétaire télévisé en candidat crédible, susceptible de défier le président sortant Emmanuel Macron et de capter les voix de la droite, emmenée par Valérie Pécresse, et de l'extrême droite de Marine Le Pen.

En perte de vitesse

Le rassemblement de Villepinte est scruté avec attention, au vu du parcours étonnant et controversé d'Eric Zemmour, qui a fait une percée fulgurante dans les sondages depuis la rentrée.Certains le qualifiaient même au second tour devant Marine Le Pen.

Mais son étoile a semblé pâlir ces dernières semaines, et de dérapages en provocations, le candidat a perdu des soutiens et des points dans les intentions de vote.

Pour le soutenir sont présents au meeting les responsables de deux petits partis identitaire et de la droite catholique traditionnelle ralliés au polémiste.

La réunion de Villepinte a lieu au lendemain de la désignation de la candidate de la droite républicaine (LR), Valérie Pécresse, présidente de la région parisienne qui s'est imposée devant le très droitier Eric Ciotti, parfois proche des thèses d'Eric Zemmour.

AFP