03.06.2015 - 14:18, Elodie France/AllTheContent News Agency

Syndrome du bore-out: comment combattre l'ennui au travail?

Syndrome du bore-out: comment combattre l'ennui au travail?

Le bore-out, nouveau risque professionnel?
Photo: AllTheContent / Hanik / Fotolia

 

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Mis en évidence dès 2007 par deux consultants suisses, le syndrome du bore-out, ou épuisement professionnel par l’ennui, commence cependant tout juste à faire parler de lui, mais n’inquiète pas moins les professionnels de la prévention des risques au travail.

Décrit pour la première fois par Peter Werder et Philippe Rothlin, consultants d’affaires en Suisse, dans leur étude "Diagnosis Boreout", le syndrome d’épuisement par l’ennui toucherait près de 32% des salariés européens. Si ce nouveau risque psychosocial est l’exact inverse du burn-out provoqué par le "trop", il présente toutefois les mêmes dangers pour la santé.

Mourir d’ennui

Défini comme une situation dans laquelle le salarié n’a pas suffisamment à faire durant son temps de travail et s’ennuie la majeure partie de la journée, le bore-out se traduit par des passages dépressifs, une importante fatigue, une démotivation et de l’anxiété. A long terme, le syndrome a également des répercussions sur l’estime de soi et l’espérance de vie. Plusieurs études menées depuis 2008 ont ainsi montré que l’ennui au travail multiplie par deux les risques de développer une maladie cardiovasculaire.

Pour les entreprises aussi, le bore-out a de nombreuses conséquences négatives. Moins impliqués, les salariés sont plus souvent absents ou multiplient les congés de maladie. Pour Werder et Rothlin, la première étape consiste donc à déterminer les situations à risque afin d’agir rapidement.

Trois situations à risque

Pour les auteurs suisses, le bore-out ne touche que certains types d’activité professionnelle. Lorsqu’il s’agit d’effectuer une tâche précise, comme de la chirurgie, ou d’aider des personnes, le syndrome n’existe pas.

En revanche, certaines fonctions sont particulièrement touchées par le bore-out. C’est le cas de la plupart des activités répétitives et donc lassantes, par exemple le travail sur une chaîne à l’usine ou la surveillance de locaux pour un vigile.

Autre situation problématique: la surqualification. Une mauvaise estimation des besoins pour un poste peut conduire à l’embauche d’un salarié dont le potentiel ne sera pas exploité en conséquence. Pour celui-là, l’ennui risque d’apparaître rapidement…

Enfin, certains secteurs d’activité connaissent réellement un manque de travail. Un sondage réalisé auprès de 10’000 salariés américains a mis en évidence que plus de deux heures quotidiennes sont consacrées à réaliser des activités sans rapport avec le poste occupé, par manque de tâches concernant le poste de travail.

Eviter le bore-out

Pour l’essentiel, lutter contre l’ennui au travail incomberait à l’entreprise. Cette dernière, comme le suggèrent les consultants, devrait régulièrement recourir à des entretiens motivationnels avec les employés, procéder à des réévaluations des postes et des tâches et favoriser la mobilité interne en accordant de nouvelles responsabilités aux différents collaborateurs.

Malgré tout, les salariés peuvent également agir de leur propre chef dès lors qu’ils sentent l’ennui pointer, et surtout se répéter. Instaurer un dialogue avec les supérieurs est la première étape vers une amélioration de la situation, et suffit bien souvent à remédier au problème.

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