«Petit Pays»: le génocide vu par un enfant

D'Elvire Küenzi

24.12.2020

« Petit Pays », dont le budget s'élevait à 5 millions d'euros, a été tourné au Rwanda et présenté en avant-première à Kigali.
« Petit Pays », dont le budget s'élevait à 5 millions d'euros, a été tourné au Rwanda et présenté en avant-première à Kigali.
© Pathé Films AG

Adapté du livre de Gaël Faye, «Petit Pays» raconte l’enfance de Gabriel dans les années 1990 au Burundi. Après des années paisibles à vivre dans un quartier d’expatriés, le jeune garçon et sa famille vont voir leur vie basculer...

Il y a quatre ans, j’avais commencé à lire le livre de Gaël Faye juste après avoir découvert plusieurs de ses titres musicaux. Cet artiste possède une sensibilité extrême qui s’appréhende grâce à sa voix, à son interprétation ou à ses mélodies. Touchée au cœur, je m’étais alors plongée dans les lignes de «Petit Pays». Je crois que ses mots m’ont tellement touchée que j’ai été incapable de le lire jusqu’au bout. L’histoire était trop bouleversante, trop touchante, tout simplement «trop» pour moi à ce moment-là. «Petit Pays» a obtenu le Goncourt des lycéens en 2016 et a été un carton en librairies avec plus d’un million d’exemplaires vendus. Mais l’histoire du livre ne s’arrête pas là...

Du roman au film

Grâce à Éric Barbier, à qui l’on doit l’adaptation cinématographique du roman de Romain Gary «La promesse de l’aube» avec Charlotte Gainsbourg et Pierre Niney dans les rôles principaux, le récit autobiographique de Gaël Faye allait avoir une nouvelle vie sur grand écran.

Prévu pour mars 2020, la sortie du film est repoussée à l’été en raison du confinement. Aujourd’hui, il arrive en avant-première sur blue Vidéo (dès le 28 décembre).

C’est avec une certaine appréhension mêlée de curiosité que je me lance dans le visionnage. Pourquoi? Parce que je connais le sujet, je sais que le roman décrit la vie d’un jeune garçon qui va devoir survivre à l’horreur. Et c’est là l’une des grandes forces du film. Les événements sont vécus par le prisme de l’enfance, ce qui contraste d’autant plus avec la violence due à la dégradation de la situation géopolitique de la région. Oui, parce que dans ce film-là, on est plongé au cœur de l’histoire du Burundi et du Rwanda au moment de la guerre civile et du génocide des Tutsis.

Un jeune prodige au casting

Du côté des acteurs, l’intrigue est portée par Jean-Paul Rouve, impressionnant de justesse dans son rôle de père et d’entrepreneur français. Le jeune Gabriel est interprété par Djibril Vancoppenolle, 13 ans aujourd’hui. J’ai été particulièrement émue par son jeu, ses combats, ses rêves qui partent en fumée, la rudesse des choix qu’il est amené à faire (la scène où on le pousse à mettre le feu à une voiture pour brûler son occupant m’a secouée au plus profond de mon être), son envie de protéger sa petite sœur et sa mère.

J’ai été surprise par la subtilité du récit, par son intensité et par la force de certaines scènes.

Autant être honnête avec vous, j’en ai pleuré de cette rudesse, de cette vie qui bascule, de cette mère qui devient folle, de cette violence des hommes.

Gaby et sa famille m’ont fait traverser un arc-en-ciel d’émotions. Et un arc-en-ciel se forme grâce au soleil et à la pluie.

Ce film est un arc-en-ciel.

Il rayonne et il nous emmène de la lumière à l’obscurité.

Pour le découvrir, cliquez ici.

Rédactrice pour différents journaux suisses, blogueuse et passionnée des mots, Elvire Küenzi adore les séries (elle est tombée dans le chaudron magique en regardant Sex and the City et n'en est jamais ressortie)! Elle écrit aussi des romans girly en mangeant des marshmallows et en sirotant des cocktails (avec modération, bien sûr).
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