Décryptage Pourquoi on rêve de la mode Bridgerton… mais pas dans nos dressings!

Marjorie Kublun

27.1.2026

La série revient ce mois-ci, prête à nous entraîner dans un tourbillon de romance… et de coups de théâtre côté mode. Mais cette fois, on ne suivra pas la tendance les yeux fermés — et ce n’est pas dû au corset.

Bridgerton revient ce mois-ci, entre passions déchaînées et folies vestimentaires.
Bridgerton revient ce mois-ci, entre passions déchaînées et folies vestimentaires.
LIAM DANIEL/NETFLIX

Marjorie Kublun

Après deux ans d’attente — le temps qu’il aura fallu pour voir naître la saison 4 — Bridgerton fait son grand retour sur Netflix ce 29 janvier. La série nous replonge dans l'univers de l’ère Regence anglaise, entre intrigues, histoires d’amour passionnées et potins savamment distillés. Le divertissement est garanti. Dès le premier épisode, le spectateur est convié à un bal masqué mystérieux, avec son moment façon Cendrillon, comme le laisse entrevoir la bande-annonce.

Dès la saison 1, Bridgerton s’est imposé comme bien plus qu’une simple série girly. La production Netflix a déclenché une véritable frénésie mode, montrant que le vêtement y joue un rôle central, bien au-delà du simple décor. L’impact a été spectaculaire : le style Regency a fait un retour fracassant dans la culture populaire. Robes empire, manches bouffantes, corsets — des pièces longtemps considérées comme trop théâtrales ou déguisées — sont soudain devenues ultra désirables. Les recherches en ligne ont explosé, les réseaux sociaux ont célébré cette esthétique par millions. Ce qui relevait jusque-là du costume historique s’est transformé en véritable tendance du jour au lendemain. Si la saison 2 a consolidé ce style, la saison 3 l’a définitivement ancré dans le présent.

Tenues instagrammables

Outre le drame amoureux, la saison 4 promet bien sûr un nouveau tourbillon stylistique. Elle donne envie d’oser une féminité romantique, plus séduisante que jamais.

Avec les deux prochaines parties, le Regencycore ne se contente pas de revenir — il se modernise. L’intrigue s’approche de l’année 1820 ; les personnages ont mûri, tout comme leur apparence. Les silhouettes se veulent historiquement inspirées mais pensées de manière contemporaine : portables, mais surtout instagrammables.

Et c’est précisément là que le bât blesse. Alors que de plus en plus de consommateurs aspirent à une mode durable, valorisant la longévité et la qualité — le style Old Money en étant un parfait exemple — une série comme Bridgerton débarque soudain et balaie en un instant tous ces efforts.

Loin de la slow fashion du XIXᵉ siècle

Car derrière la fantaisie luxueuse qu’elle met en scène — faite de tissus somptueux, historiquement nobles et donc, à l’origine, durables — la série active en réalité la machine de la fast fashion la plus agressive. Le désir de vêtements inspirés du Regency se transforme immédiatement en demande de copies bon marché. Temu et Shein ne tardent pas à répondre : robes empire à 13 CHF, corsets à 7 CHF...

Nous sommes loin de la slow fashion du XIXᵉ siècle. Aussi spectaculaires soient-ils, les looks Regency restent une micro-tendance peu pratique, qui a peu de chances de faire partie de notre dressing pour les vingt prochaines années.

Malgré tout, aucun amoureux de la mode ne se privera du plaisir d’observer les looks de Bridgerton. Nous admirerons aussi les costumes de la quatrième saison, mettrons sur pause pour en scruter les détails, aimer ou critiquer les tenues des protagonistes. Car ils nous font rêver de lenteur et de romantisme — et nous permettent, l’espace d’un instant, de nous évader de la réalité.