Laurence Ferrari se confie sur le suicide de sa mère

4.12.2018 - 17:13, AllTheContent

Laurence Ferrari, ici photographiée en 2008, se livre pour le film de sa fille.
Keystone

Journaliste que le public connaît bien, Laurence Ferrari vient de révéler un lourd secret. En 1989, sa mère, Bernadette, se suicide. Quasiment 30 ans après, l’animatrice de C8 revient sur ce douloureux événement, au travers d’un entretien à sa fille, cette dernière ayant décidé de faire un film sur ce sujet très personnel. La conversation, publiée cette semaine par le magazine «Paris Match», retrace le drame, qui a constitué pendant des décennies un tabou dans la famille.

En 1989, Laurence Ferrari a 22 ans, elle est une toute jeune journaliste. Cette même année, elle perd sa mère, Bernadette, qui se suicide en se jetant sous un train. Une blessure que Laurence gardera des décennies enfouie au fond d’elle-même. Dans un entretien accordé à sa propre fille, elle lève le voile sur l’événement. Car ce secret de famille, Laëtitia Hugues – fille née de son union avec Thomas Hugues –, en fera prochainement un documentaire. Une façon pour elle de «ne plus fermer les yeux sur ce non-dit» et de «réhabiliter la mémoire de sa grand-mère».

Un drame si difficile à aborder

Lorsqu’elle décide d’entreprendre ce récit, la seule crainte de Laetitia reste la réaction de sa mère, qui «a toujours évité de parler de ce sujet si douloureux». C’est finalement poussée par ses deux tantes que la jeune fille l’interroge et lui demande de tout lui raconter. D’abord hésitante, Laurence se confie à sa fille: «J’ai compris que c’était important pour toi et qu’il fallait que je passe au-dessus de mes réticences, de ma pudeur». Elle lui explique que le poids du silence a assez duré. Et que le temps, qui apaise peu à peu la douleur, a probablement fait son oeuvre.

Ça, c’était elle durant ses phases lumineuses… Puis il y avait les autres, très sombres...

De sa mère, Laurence Ferrari se souvient qu’elle était sociable et aimée, qu’elle était «très belle, solaire», dynamique et engagée. Professeure d’anglais reconnue, Bernadette était aussi «quelqu’un qui ne s’arrêtait jamais». La présentatrice tempère pourtant ce portrait lumineux: «Ça, c’était elle durant ses phases lumineuses… Puis il y avait les autres, très sombres, avec de forts épisodes de dépression». Des phases durant lesquelles, sa mère est atteinte d’une profonde mélancolie teintée d’idées noires.

Aînée de ses trois filles, Laurence essaie de l’aider comme elle le peut, en lui témoignant son amour. Car elle est «en première ligne», «presque la seule spectatrice de la maladie», et tente donc tant bien que mal d’aider sa mère à affronter les hauts et les bas. «Ca m’a marquée pendant toute mon enfance. Entendre sa mère crier dans son sommeil toutes les nuits… c’est quelque chose qu’on n’oublie pas», confesse la journaliste. Le troisième épisode dépressif de son existence sera aussi le dernier. Bernadette met fin à ses jours, sans qu’aucun membre de la famille ne l’anticipe.

Une relation mère/fille ambivalente

Si Laurence Ferrari garde des souvenirs heureux de son enfance, elle confie dans «Paris Match» une impression d’avoir grandi trop vite, une maturité précoce qui a compliqué les rapports avec sa mère. «Du plus loin que je me souvienne, je me suis toujours sentie plus adulte et plus raisonnable qu’elle.». La relation mère/fille est mêlée d’incompréhension, et parfois de disputes. «Elle avait pas mal de crises d’énervement. (…) Mais elle a été aimante avec nous, elle nous a vraiment accompagnées».

Une maladie mal assumée et pas soignée

La bipolarité – aussi connue sous le nom de «psychose maniaco-dépressive» – est la maladie qui a tué Bernadette. «Je pense aussi qu’elle ne savait pas ce qu’elle avait. (…) Elle la cachait car elle pensait que ce n’était pas bien de le dire». Des difficultés à consulter un spécialiste, un cruel manque de diagnostic… Les idées de suicide ne seront jamais décelées. «Moi, je savais qu’il se passait quelque chose, mais l’idée qu’elle puisse commettre un acte aussi fou et désespéré ne m’a absolument jamais effleurée. C’était inconcevable», déplore Laurence Ferrari, qui se rappelle avoir appris la nouvelle par un coup de téléphone de sa sœur, alors qu’elle travaille à la rédaction d’Europe 1. «Mes jambes ont lâché, je suis tombée par terre. C’était un tel choc! Inimaginable».

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