Atteinte à la vie privée Harry contre le Daily Mail : un dédommagement «substantiel» exigé

Marjorie Kublun

31.3.2026

Les avocats du prince Harry et de six autres personnalités réclament des dommages-intérêts «substantiels» pour atteinte à la vie privée de la part de la société éditrice du Daily Mail, dont le procès devant la Haute Cour de Londres s'achève mardi.

Les avocats du prince Harry et de six autres personnalités réclament des dommages-intérêts «substantiels» pour atteinte à la vie privée de la part de la société éditrice du Daily Mail, dont le procès devant la Haute Cour de Londres s'achève mardi. (Archives)
Les avocats du prince Harry et de six autres personnalités réclament des dommages-intérêts «substantiels» pour atteinte à la vie privée de la part de la société éditrice du Daily Mail, dont le procès devant la Haute Cour de Londres s'achève mardi. (Archives)
AFP

Agence France-Presse

Ces plaignants, parmi lesquels figurent aussi Elton John et l'actrice Elizabeth Hurley, accusent Associated Newspapers Ltd (ANL), propriétaire du Daily Mail et du Mail on Sunday, d'avoir obtenu des informations sur eux de manière illégale. La défense, elle, évoque des «spéculations».

Au cours de ce procès, qui a débuté il y a plus de deux mois, ces personnalités ont livré des témoignages parfois empreints d'émotion. Elles reprochent aux tabloïds d'avoir - notamment en recourant à des détectives privés - intercepté des messages vocaux, écouté des conversations téléphoniques, ou encore d'avoir menti afin d'obtenir des informations médicales, pour nourrir plus d'une cinquantaine d'articles publiés entre 1993 et 2018.

«Il est demandé à la Cour d'accorder des dommages-intérêts substantiels (...) à chacun des plaignants pour l'usage abusif d'informations à caractère privé les concernant», ont déclaré les avocats dans leurs conclusions écrites finales.

Il s'agit du dernier procès intenté contre les tabloïds par Harry, fils cadet du roi Charles III, qui mène depuis plusieurs années une croisade judiciaire contre la puissante presse à scandale britannique.

Harry, qui vit en Californie avec son épouse Meghan et leurs deux enfants, tient les paparazzi pour responsables de la mort de sa mère Diana en 1997 à Paris. Il a aussi accusé la presse de harcèlement envers Meghan.

A la barre du tribunal en janvier, au bord des larmes, il avait accusé les tabloïds d'avoir rendu la vie de son épouse «absolument infernale». Il avait aussi raconté à quel point les intrusions répétées des journaux dans sa vie privée l'avaient rendu «paranoïaque à l'extrême».

Harry, 41 ans, s'était mis en retrait de la famille royale en 2020 et avait déménagé aux Etats-Unis.

«Monstrueux»

La société ANL assure quant à elle que ses journalistes se sont appuyés sur des sources légitimes pour écrire leurs articles.

«Quand il y a un soupçon de comportement délictueux, on ne part pas du principe qu'il s'est produit, sauf preuve du contraire», a déclaré lundi l'avocat Antony White, représentant ANL.

«Le journalisme ordinaire et légitime, s'appuyant sur des reportages antérieurs ou des sources confidentielles, est plus probable que le piratage téléphonique, les écoutes téléphoniques ou d'autres formes de collecte illégale d'informations», a-t-il fait valoir devant le tribunal.

ANL ne dément pas le recours à des détectives privés mais nie qu'ils aient pu être utilisés de manière illégale.

L'avocat des plaignants, David Sherborne, a quant à lui estimé lundi que les journalistes du Daily Mail entendus au tribunal n'avaient «pas pu expliquer (comment ils avaient obtenu) les informations exclusives contenues dans leurs articles».

Le prince Harry et les autres plaignants assurent que leurs proches n'auraient jamais divulgué les informations privées qui ont été publiées dans les articles en question.

En témoignant en janvier, l'actrice britannique Liz Hurley avait fondu en larmes en reprochant aux tabloïds d'avoir placé des micros sur les fenêtres de sa maison, dénonçant des agissements «monstrueux».

Elton John avait également laissé éclater sa colère en s'exprimant par lien vidéo en février, fustigeant les «odieuses» atteintes à sa vie privée de la part des publications, accusées notamment d'avoir accédé à des données médicales entourant la naissance de son fils Zachary.

L'avocat Antony White a dénoncé les accusations lancées «à l'encontre de journalistes réputés».

Le reporter en chef du Daily Mail, Sam Greenhill, a qualifié devant le tribunal les accusations d'écoutes téléphoniques de «foutaises absolues».

Une autre journaliste, Barbara Jones, a notamment assuré qu'elle avait elle-même trouvé des informations sur l'ancienne petite amie de Harry, et qu'elle «n'avait pas eu recours, et n'avait pas eu besoin de recourir à» un détective privé.

Mais Dan Portley-Hanks, détective privé américain, a déclaré se souvenir d'avoir travaillé pour le Daily Mail sur des sujets liés au prince Harry. «Je sais que j'ai fait des choses illégales le concernant, mais je ne me rappelle plus exactement quoi», a-t-il écrit dans une déclaration.

La décision du juge devrait être rendue par écrit à une date ultérieure.

aks/alm/mhc/jmo