Jean Reno «Mon père ne m'a pas laissé grand-chose de sa vie»

Gregoire Galley

23.4.2026

Il voulait raconter tout ce qui lui est arrivé «des hauts, des bas»: L'acteur Jean Reno monte sur les planches à partir du 10 mai au Japon, où il jouit d'une forte notoriété, pour présenter sa pièce autobiographique «Le Chameau».

L'acteur Jean Reno monte sur les planches à partir du 10 mai au Japon.
L'acteur Jean Reno monte sur les planches à partir du 10 mai au Japon.
IMAGO/Photo News

Agence France-Presse

Loin des superproductions (Le Grand Bleu, Ronin, Mission Impossible...) et des comédies populaires (Les Visiteurs) qui ont fait son succès, l'acteur de 77 ans a écrit une pièce intime, qu'il joue seul sur scène.

Ce récit introspectif mis en scène par le Français Ladislas Chollat retrace la trajectoire singulière de l'acteur, de sa naissance à Casablanca, au Maroc, sous le nom de Juan Moreno y Herrera-Jiménez à sa carrière internationale.

Le spectacle s'intitule «Le Chameau», «mon animal interne», explique Jean Reno à l'AFP à Tokyo. «Peut-être parce qu'il vient d'Afrique, qu'il transporte des gens. J'ai une famille qui est nombreuse, que j'ai transportée». Et aussi «parce qu'il boit peu, mange peu et qu'il est au service des autres».

L'acteur apparu dans plus de 70 films va mêler récits de vie, souvenirs de cinéma et chansons dans le spectacle en français, sous-titré en japonais, qu'il a choisi de «rôder» au Japon. Il prévoit une tournée à Tokyo et dans 11 autres villes nippones pour une trentaine de représentations, avant de poursuivre en France fin 2026.

Loin de ralentir le rythme, l'acteur, qui avait autrefois déclaré vouloir arrêter sa carrière à 60 ans, vient par ailleurs de publier en France «L'Evasion», son second roman d'espionnage, tandis que le premier sort au Japon fin avril.

«J'ai dit beaucoup de bêtises, j'espère qu'aujourd'hui j'en dis moins», souffle-t-il. Au moment du Covid, «j'ai eu envie de continuer, et surtout avec ce spectacle, de laisser quelque chose à mes enfants», alors que «mon père ne m'a pas laissé grand-chose de sa vie, et mon grand-père encore moins».

Evidence

Le Japon, où il a tourné «Wasabi» (2001), s'est imposé à lui comme une évidence pour entamer la tournée de son spectacle, assure Jean Reno, qui dit considérer l'archipel comme sa «seconde patrie». Mais il préfère ne pas rationaliser cet attachement: «Est-ce que vous savez pourquoi vous tombez amoureux de quelqu'un? Moi non, je ne sais pas.» «Je suis à l'aise ici, j'y suis heureux.»

L'acteur jouit d'une immense popularité dans le pays depuis «Le Grand Bleu» (1988) et Léon (1994), et s'est aussi imposé dans les foyers japonais via des publicités, notamment pour Toyota, où il interprète le chat du futur Doraemon, célèbre personnage de manga.

Il préfère toutefois rester humble face à la ferveur du public japonais: «On ne sait jamais vraiment pourquoi les gens vous aiment. C'est ainsi. Il faut savoir accepter l'amour lorsqu'il vous touche», glisse-t-il.

Il dit nourrir une grande admiration pour les cinéastes nippons Yasujiro Ozu, Akira Kurosawa et Takeshi Kitano, en compagnie duquel il est apparu dans une publicité et avec qui il aimerait «évidemment» faire un film si l'occasion se présente. «J'admire le talent de l'autre, et pour moi il est beaucoup plus important que mon talent, si jamais j'en ai un.»