Virginie Despentes écrit «à ses amis blancs qui ne voient pas où est le problème»

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4.6.2020 - 16:17

Source: Covermedia

Virginie Despentes a encore fait mouche avec sa plume. L’autrice s’est adressée «à ses amis blancs qui ne voient pas où est le problème», dans un texte lu sur France Inter, après la manifestation en soutien à la famille d’Adama Traouré et contre le racisme.

Virginie Despentes a bien des choses à dire «à ses amis blancs qui ne voient pas où est le problème». C’est le titre de la lettre qu’elle a transmise à France Inter, pour l’émission d’Augustin Trapenard, «Lettres d’intérieur».

«En France nous ne sommes pas racistes mais je ne me souviens pas avoir jamais vu un homme noir ministre. En France on n'est pas raciste mais quand on a annoncé que le taux de mortalité en Seine-Saint-Denis était de 60 fois supérieur à la moyenne nationale, non seulement on n'en a eu un peu rien à foutre mais on s'est permis de dire entre nous "c'est parce qu'ils se confinent mal". En France nous ne sommes pas racistes, mais la dernière fois qu’on a refusé de me servir en terrasse, j’étais avec un arabe. La dernière fois qu’on m’a demandé mes papiers, j’étais avec un arabe. La dernière fois que la personne que j’attendais a failli rater le train parce qu’elle se faisait contrôler par la police dans la gare, elle était noire», a égrainé l’autrice de «Vernon Subutex».

Virginie Despentes a ensuite parlé d’Assa Traoré, la sœur d’Adama, mort en 2016 lors d’une interpellation policière qui n’a pas encore été jugée à ce jour. Pour l’écrivaine, Assa Traouré, après l’avoir vue à la manifestation du 2 juin (2020) à Paris, est comme «Antigone. Mais cette Antigone-là ne se laisse pas enterrer vive après avoir osé dire non. Antigone n’est plus seule. Elle a levé une armée».

Virginie Despentes conclut son texte en détaillant son «privilège d’être née blanche». «Je ne peux pas oublier que je suis une femme. Mais je peux oublier que je suis blanche. Ça, c’est être blanche. Y penser, ou ne pas y penser, selon l’humeur. En France, nous ne sommes pas racistes, mais je ne connais pas une seule personne noire ou arabe qui ait ce choix», assène Virginie Despentes, qui n’en oublie pas non plus la lutte pour l’égalité des femmes.

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