Une épopée passionnante Ciné – De Gaulle, seul au monde: un «fou génial» sous une casquette de général

Valérie Passello

2.6.2026

«La Bataille de Gaulle - L'âge de fer», c'est le premier volet d'un diptyque consacré à l'incroyable parcours de Charles de Gaulle. S'appuyant sur des comédiens exceptionnels, à commencer par Simon Abkarian, le réalisateur Antonin Baudry signe une épopée passionnante, où l'on apprend une foule de choses sur les coulisses de la deuxième guerre mondiale et dont on ne décroche pas une seconde. 

De Gaulle, seul au monde: un «fou génial» sous une casquette de général

De Gaulle, seul au monde: un «fou génial» sous une casquette de général

S'appuyant sur des comédiens exceptionnels, à commencer par Simon Abkarian, le réalisateur Antonin Baudry signe une épopée passionnante, , où l'on apprend une foule de choses sur les coulisses de la deuxième guerre mondiale et dont on ne décroche pas une seconde.

01.06.2026

Valérie Passello

De Charles de Gaulle, on a l'image d'une stature, d'un charisme et le souvenir d'un discours qui a changé la face de l'histoire: l'appel du 18 juin 1940, sur les ondes de la BBC en direct de Londres. Mais il y a ce que l'histoire retient et il y a le reste.

À travers un film en deux volets, Antonin Baudry prend le pari de nous raconter «le reste», justement, ce que l'on ne trouve pas dans les livres d'écoliers. Celle d'un homme seul, très seul, face au reste du monde. Seul, mais têtu.

Bien que considéré comme historique aujourd'hui, l'appel du 18 juin n'a pas vraiment été entendu. Il n'a pas soulevé la résistance française d'un coup, malgré la magie des mots et la force de conviction du général. Le chemin a été bien plus long et plus laborieux que ce que l'on pourrait croire.

En Juin 1940, la France s'effondre et signe l’armistice. Le maréchal Pétain met en place le régime de Vichy et pactise avec l'Allemagne nazie. C'est alors qu'un général inconnu s'envole pour Londres. Il n'a ni armée, ni appui, ni vraiment d'espoir. Mais il a une idée en tête: la France n'a pas capitulé.

Est-il fou? Est-il génial? Mis à part Winston Churchill, tous le prennent pour un fou... au début. À tel point d'ailleurs que certaines scènes en deviennent burlesques, ce qui en ajoute au plaisir du spectateur. Mais petit à petit, l'entêtement du général de Gaulle va faire des émules.

«La Bataille de Gaulle - L'âge de fer» se regarde comme une véritable épopée. Il s'agit d'un film ambitieux dont le budget dépasse les 70 millions d'euros (pour les deux volets), avec un casting colossal de quelque 150 comédiens, dont: Mathieu Kassovitz, Benoît Magimel, Florian Lesieur ou encore Thierry Lhermitte. Pour le cocorico, on notera aussi la présence de l'acteur suisse Kacey Mottet-Klein au générique. 

Dans les yeux de Simon Abkarian, ce que de Gaulle ne dit pas

Tous les acteurs jouent à la perfection. À commencer par le personnage principal: Simon Abkarian a trouvé «la mélodie», comme le souligne le réalisateur, pour incarner de Gaulle. Sans tomber dans l'imitation ou la caricature, mais simplement pour que ça sonne juste. 

La profondeur du regard de l'acteur laisse entrevoir ce que Charles de Gaulle n'aura jamais exprimé: le désespoir, le doute, la peur de l'échec, la colère parfois, et la conscience d'être une espèce de «Don Quichotte» auquel personne ne croit.

Et c'est une vraie performance: il campe un soldat toujours droit comme un «i», qui semble résister aux balles, quoi qu'il arrive. Mais à travers son jeu, on voit l'homme qu'était de Gaulle, avec sa sensibilité et ses failles. 

Mention spéciale aussi à Benoît Magimel, en parfait héros de la guerre: il rend un vibrant hommage à son personnage, Pierre Koenig, le commandant de la première brigade française libre, qui a su résister à l'ennemi lors de la bataille de Bir Hakeim.

Enfin, l'acteur britannique Simon Russell Beale incarne un Winston Churchill plus vrai que nature, à l'humour caustique, au sens de la répartie légendaire et à la vivacité d'esprit hors normes: là encore, une performance de haut vol.

Un ordre mondial qui bouge: les coulisses de la guerre

S'il est un élément qui fait particulièrement écho à l'actualité, c'est qu'en 1940, l'ordre mondial est en train de bouger. Et chaque pays cherche à tirer son épingle du jeu.

À travers l'histoire de de Gaulle, on entre aussi dans les coulisses de la guerre. Les stratégies, les coups d'avance, les trahisons, les retournements de situation. Chacun avance ses pions au gré de l'évolution de la situation. Soutien indéfectible du général français, Churchill va pourtant finir par le désavouer: acculé, il va tout tenter pour obtenir l'aide des Américains, en mettant au placard le représentant de «la France libre».

Quant à de Gaulle, ses choix surprennent, choquent, désorientent jusqu'à ses derniers alliés. Mais c'est sans doute lui le plus fin des stratèges, même si à tout moment, on réalise à quel point ses manoeuvres sont risquées et menacent de s'effondrer comme un château de cartes.

À tous points de vue, le film d'Antonin Baudry est une réussite. On n'a qu'une envie: voir le deuxième volet rapidement. «La Bataille de Gaulle - L'âge de fer» sort en salles ce mercredi 3 juin. La suite, «La Bataille de Gaulle - J'écris ton nom», sortira dans un mois: le 3 juillet prochain.

Notre note: 10/10