«13 jours, 13 nuits» au cinéma Dans l'enfer de Kaboul: «Je ne m'imaginais pas abandonner ces gens sans rien faire»

Valérie Passello

27.6.2025

Histoire vraie, «13 jours 13 nuits» sort ce 27 juin aus cinéma. Il nous plonge dans l'enfer de Kaboul après le retrait américain: un commandant de police va exfiltrer le personnel de l'ambassade de France et le plus grand nombre possible de civils afghans, avant l'arrivée au pouvoir des Talibans.

«13 jours, 13 nuits»: une histoire vraie dans l'enfer de l'Afghanistan

«13 jours, 13 nuits»: une histoire vraie dans l'enfer de l'Afghanistan

Histoire vraie, "13 jours 13 nuits" nous plonge dans l'enfer de Kaboul après le retrait américain: un commandant de police va exfiltrer le personnel de l'ambassade de France et le plus grand nombre de réfugiés afghans, avant l'arrivée au pouvoir des talibans.

27.06.2025

Valérie Passello

Le nouveau film de Martin Bourboulon, «13 jours, 13 nuits», est l'adaptation de l'histoire vraie vécue par Mohamed Bida. Les événements qui y sont narrés ne sont pas si éloignés de nous: nous sommes en 2021, à Kaboul, au lendemain du retrait américain du pays. 

Si tout un chacun a pu voir les terribles images des Afghans tentant par tous les moyens de fuir leur pays alors que les Talibans reprenaient le pouvoir, Mohamed Bida, lui, était sur place. Ce commandant de police employé de l'ambassade de France avait pour mission d'exfiltrer les derniers Français encore dans le pays. Mais tout ne s'est pas passé comme prévu.

«L'ambassade de France était la seule à être encore ouverte. Nous étions une vingtaine de ressortissants français à devoir évacuer le pays», raconte l'intéressé. Mais ce qui n'était pas prévu, c'est que des centaines d'Afghans se sont massés devant l'ambassade, empêchant ses occupants d'en sortir. Pour éviter un drame alors que des explosions se faisaient entendre à l'extérieur, Mohamed Bida décide alors d'ouvrir le portail. «On a mis ces personnes en sécurité et à partir de ce moment-là, elles étaient sous notre protection», explique-t-il.

Plus tard à l'aéroport, Mohamed Bida et son équipe aideront encore d'autres civils afghans, pour la plupart des femmes et des enfants, à fuir vers la France. Au total, près de 3000 personnes ont été exfiltrées grâce à lui. «Je ne m'imaginais pas partir et abandonner ces gens sans rien faire. J'estime que j'ai accompli mon devoir d'humanité», conclut-il.

Un grand rôle pour Roschdy Zem

Dans le film tiré de son récit, c'est Roschdy Zem qui a été choisi pour incarner le commandant de police. L'acteur joue à la perfection le rôle de l'homme fort qui garde toujours son sang-froid, mais qui est assailli par le doute lorsqu'il se retrouve seul. Il s'agit de l'un de ses plus grands rôles:« Je ne sais jamais par avance ce que je vais retenir d'un rôle comme celui-là», sourit-il.

«Mais d'abord, je dirais de la gratitude. J'ai conscience que dans toute ma carrière, il n'y a rien de normal: tout ce que j'ai pu faire dans ce métier est de l'ordre de l'extraordinaire, dans le sens littéral. C'est une très belle récompense de susciter du désir chez un jeune metteur en scène», réagit Roschdy Zem.

Spectaculaire sans en faire des tonnes

Martin Bourboulon aurait pu verser dans le spectaculaire en réalisant un véritable film d'action. Mais «13 jours, 13 nuits» est plus subtil. Le récit de Mohamed Bida est respecté au plus près. «En réalité, le film est spectaculaire dans ce qu'il raconte, il est très fort dans ces mouvements de foule, dans ce visuel», justifie-t-il. 

«Après, on s'est refusé à inventer des scènes qui n'auraient pas eu lieu dans la vraie vie. On n'allait pas ajouter des scènes de fight où Roschdy se serait mis à tirer sur des gens par exemple. C'est toute la force de ce film, qui est bel et bien spectaculaire: tout ce que vous allez voir est réel», étaie Martin Bourboulon.

Des Afghans au casting: émotion décuplée

De nombreux Afghans ont participé au tournage, soit comme acteurs, figurants ou consultants techniques. Rejouer les scènes terribles de l'été 2021 a décuplé l'émotion sur le plateau, acquiesce Roschdy Zem: «Pour m'être entretenu avec eux, ils ont tous un parcours qui inspire le respect. Certains portent encore les stigmates de leur existence là-bas. Je me souviens d'un artiste qui faisait des spectacles là-bas, parfois il se travestissait. Et il a été torturé pour ça». 

Les artistes Afghans ont également joué un rôle de validation pour que certaines scènes soient crédibles, ajoute Roschdy Zem: «On n'a pas de légitimité à raconter l'Afghanistan, on ne connaît pas ce pays. On se doit d'avoir des consultants qui ont vécu les événements, pour nous aider à ne pas nous tromper sur certaines attitudes, moeurs, comportements. Il nous ont remis sur les bons rails».

Notre note: 7/10