C'est une comédie à la fois grinçante et émouvante qui sort au cinéma ce 12 octobre. Signée du réalisateur et acteur Pascal Elbé, cette histoire nous ramène en 1940, au coeur de l'Occupation de la France par les Allemands. Avec un Benoît Poelvoorde que l'on adore détester et que l'on finira par adorer tout court. Rencontre avec Pascal Elbé.
«Benoît Poelvoorde est l'une de mes plus belles rencontres dans ce métier»
Signée du réalisateur et acteur Pascal Elbé, «La bonne étoile» nous ramène en 1940, au coeur de l'Occupation de la France par les Allemands. Avec un Benoît Poelvoorde que l'on adore détester et que l'on finira par adorer tout court. Rencontre avec Pascal Elbé.
11.11.2025
Non, ce n'est pas un film historique qu'a voulu tourner Pascal Elbé. Il préfère parler de «conte». Le petit cochon, qui revient de manière récurrente dans l'histoire, est d'ailleurs son clin d'oeil pour nous ramener à la «non-réalité».
Et «La bonne étoile» est résolument un conte humaniste, à déguster sans modération à l'approche des fêtes de fin d'année. L'histoire, c'est celle de Jean Chevalin, un Français moyen pleutre et plus bête que méchant, qui déserte pendant l'Occupation. Apprenant que les juifs sont «nourris, logés, blanchis» chez une baronne, non loin de chez lui, il a une idée saugrenue: se faire passer, lui et sa famille, pour des juifs et tenter de bénéficier de l’aide des passeurs pour accéder à la zone libre.
Benoît Poelvoorde et Pascal Elbé forment un duo touchant.
Audrey Lamy incarne l'épouse Chevalin, qui suit un peu malgré elle son mari dans ses délires.
Zabou Breitman campe à merveille le rôle de la comtesse résistante.
Entre le faux juif Jean Chevalin et son ami, vraiment juif lui, le choc des cultures prend une tournure très cocasse...
Pascal Elbé à l'heure de l'interview pour blue News.
À l'affiche du film: Benoît Poelvoorde, Pascal Elbé, Audrey Lamy et Zabou Breitman.
Benoît Poelvoorde et Pascal Elbé forment un duo touchant.
Audrey Lamy incarne l'épouse Chevalin, qui suit un peu malgré elle son mari dans ses délires.
Zabou Breitman campe à merveille le rôle de la comtesse résistante.
Entre le faux juif Jean Chevalin et son ami, vraiment juif lui, le choc des cultures prend une tournure très cocasse...
Pascal Elbé à l'heure de l'interview pour blue News.
À l'affiche du film: Benoît Poelvoorde, Pascal Elbé, Audrey Lamy et Zabou Breitman.
Mais tout au long du film, cet anti-héros va évoluer: «Il va rencontrer celui qui deviendra son seul et véritable ami, un juif qui se cache avant d'être arrêté et à son contact, Chevalin va progressivement laisser tomber tous ses préjugés», raconte Pascal Elbé.
«Benoît Poelvoorde est l'une de mes plus belles rencontres»
Pour ce rôle haut en couleurs et tout en subtilité, le réalisateur n'a pas choisi Benoît Poelvoorde au hasard: «Benoît a une humanité extraordinaire. Quand on le filme, il est capable de vous faire rire et de vous émouvoir dans la même scène, un peu comme ces comédiens italiens d'après-guerre. C'est un clown merveilleux: il est extraordinaire dans sa façon de regarder le monde, mais même de le jouer», explique-t-il.
Pascal Elbé avoue que c'était un fantasme de rencontrer l'acteur belge et de travailler avec lui. Et il a désormais été exaucé avec bonheur: «C'est sans doute l'une de mes plus belles rencontres dans ce métier», sourit-il.
Notons aussi, dans la distribution, la belle performance de Zabou Breitman, qui incarne la comtesse résistante avec une grande crédibilité et la présence d'Audrey Lamy, qui joue l'épouse Chevalin, mais dont le rôle aurait peut-être mérité d'être un peu plus étoffé.
«Cette vague de fond revient tout le temps dans l'histoire de ce peuple»
À l'heure où l'antisémitisme augmente à nouveau, dans un monde polarisé où les discours et les attitudes se font de plus en plus guerriers, le film de Pascal Elbé ne se veut pourtant pas engagé ou porteur d'un message en particulier, affirme-t-il: «Ça fait totalement écho à l'actualité. Mais c'est un film que j'ai écrit il y a quatre ou cinq ans, on n'était pas encore dans la guerre en Israël, j'aurais pu l'écrire n'importe quand. Plutôt que de chercher des résonnances dans l'actualité, il est peut-être plus intéressant d'avoir un regard sur notre Histoire. C'est une vague de fond qui revient tout le temps dans l'histoire de ce peuple: c'est cette actualité-là qui m'inquiète.»
Pour le réalisateur, s'il fait «vendre du papier», le message ne doit pas prendre le pas sur l'histoire racontée: «Un film aborde toujours quelque chose d'un peu politique, mais on ne doit pas oublier que le but de notre métier, c'est de divertir, de raconter une histoire».
«La bonne étoile» est un film intelligent, audacieux, drôle et profond, visible par toute la famille.
Notre note: 9/10