Interview Laura Tenoudji: «Je pense que mon couple peut agacer»

De Caroline Libbrecht/AllTheContent

12.2.2020

Laura Tenoudji tient une chronique quotidienne dans l'émission Télématin.
Laura Tenoudji tient une chronique quotidienne dans l'émission Télématin.
Beatriz Munoz

Laura Tenoudji tient une chronique quotidienne dans l'émission Télématin (France2) depuis presque 20 ans! Mariée depuis 2016 avec Christian Estrosi, maire de Nice, elle partage aujourd'hui sa vie entre Paris et le sud de la France.

Comment êtes-vous entrée à Télématin, en 2000?

J’étais fan de l’émission et j’y suis entrée en tant que simple stagiaire. J’étais en charge du site internet de l’émission et William Leymergie m’a proposé de tenir à l’antenne une chronique consacrée au web. Tout simplement!

Ce qui vous a valu votre surnom «Laura du web»…

Exactement! A l’époque, il n’y avait pas encore de spécialistes du web. On en était aux balbutiements d’internet qui venait d’arriver. Le grand public apprenait à s’en servir. En parallèle de Télématin, j’ai toujours participé à d’autres programmes. J’ai fait de la radio, de la presse écrite, de la télé avec TV5… Je suis une journaliste couteau suisse.

Qu’aimez-vous tant dans Télématin?

Télématin est une émission grand public qui a une mission de service public, elle est culturellement passionnante. Tant que j’apprends et tant que je peux me renouveler, je continue. Dans Télématin, le journaliste est l’ouvrier de sa chronique, donc il la bâtit du début à la fin jusqu’à ce qu’il la présente à l’antenne, ce qui est très enrichissant. Je tiens à ma casquette de journaliste. Je ne serais pas du tout à l’aise dans la peau d’une animatrice.

«Je tiens à ma casquette de journaliste»

Comment faites-vous pour tenir ce rythme matinal, pour cette émission quotidienne et en direct?

Je suis du matin, tout simplement (rires). Je me lève entre 5h30 et 6h30 et je me couche au plus tard à 23h. Quand on travaille pour Télématin, on n’a pas l’impression d’aller travailler. Je connais l’équipe depuis longtemps, c’est comme une famille, même s’il y a eu des changements il y a deux ans et demi, quand Laurent Bignolas a remplacé William Leymergie. C’est un vrai rendez-vous, en direct, ce qui se perd de plus en plus à la télévision aujourd’hui. On est là pour donner des nouvelles non anxiogènes, qui font du bien aux téléspectateurs. C’est un vrai luxe!

Maintenant que vous êtes mariée avec Christian Estrosi et que vous êtes maman d’une petite Bianca, comment vous organisez-vous?

L’amour donne des ailes, je pense que c’est une des principales motivations, ça me donne de l’énergie. Ma fille de deux ans reste avec moi à Paris la semaine, et on descend le vendredi à Nice. C’est du sport! Surtout que j’ai aussi mon fils de 10 ans. Ma mère a fait un enfant à 42 ans, j’ai donc un petit frère qui a 12 ans de moins que moi, et j’ai toujours eu envie de faire la même chose. Avoir un deuxième enfant sur le tard, ça nous maintient dans une forme, dans une jeunesse… Cela nous oblige à nous renouveler, je suis une maman encore plus zen! Je suis ravie: quand mon fils partira, j’aurai encore ma fille…

Quel genre de maman êtes-vous?

Je suis une maman très cool. J’aime faire l’école buissonnière avec mes enfants, j’aime les emmener au cinéma, au théâtre, on voyage, on passe du temps ensemble. On se promène, on joue beaucoup ensemble. J’essaie de leur transmettre des valeurs importantes pour moi… Et je fais attention à limiter le temps passé devant les écrans!

Est-ce important pour vous d’être présente sur les réseaux sociaux?

Oui, je me suis créé un compte sur Instagram depuis le début, en raison de mon travail. Ce qui est agréable, ce sont les retours. Je ne suis sponsorisée par aucune marque, mais si quelque chose me plaît, je fais un post, sans contrepartie et en toute indépendance. C’est un contact direct avec les téléspectateurs.

Quelles sont les limites?

Je n’expose pas mes enfants! Dès le début de ma relation avec Christian Estrosi, on a été victimes de paparazzis. Les photos volées, prises sur une plage en Corse, ont été diffusées par le magazine «Voici». Avec les réseaux sociaux, j’ai la possibilité de choisir les moments que je partage avec les gens. Mon mari a un métier public. La transparence, quand on partage la vie d’un homme politique, il faut l’accepter. On n’a pas le choix. Le fait d’être reconnue, c’est un choix, sinon je ne ferais pas de télé et je ne partagerais pas la vie d’un homme politique qui a une vie publique importante.

«Je fais régulièrement l’objet d’articles qui n’apportent rien aux gens»

Qu’est-ce qui peut s’avérer pesant quand on forme un couple public?

C’est le jugement porté parfois sur moi, en tant que femme de mon mari. Je pense que mon couple peut agacer. La grande majorité des gens sont gentils, mais il existe toujours de la méchanceté ou de la jalousie. En tant qu’épouse d’un maire, je n’ai aucun rôle officiel. J’aime l’accompagner, mais parfois je peux avoir le sentiment d’être impuissante, et c’est frustrant, surtout que je suis très active et j’aime me sentir utile. J’aimerais pouvoir m’investir davantage, aider les gens. C’est dur de trouver sa place. Heureusement, les Niçois m’ont adoptée, c’est un vrai plaisir!

Comment prenez-vous les critiques sur votre physique?

Cela m’agace, quand le magazine «Elle» critique mon maquillage, quand ma tenue au festival de Cannes fait l’objet de remarques déplacées… Je fais régulièrement l’objet d’articles qui n’apportent rien aux gens. Je suis naturelle, je n’ai pas recours à la chirurgie esthétique, j’ai la quarantaine, je suis comme je suis et je m’assume! On est tellement habitués à voir des seins refaits qu’on ne sait plus ce qu’est une poitrine normale… Quel dommage que ces critiques viennent de femmes, on ne se fait pas de cadeaux entre nous. C’est triste, surtout en pleine période «MeToo». Apprenons à être indulgentes les unes avec les autres!

Jacky et Ariane en images

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