Droits humainsLe FIFDH se penche sur les effets Trump et est inquiet de la Suisse
sn, ats
13.2.2025 - 12:43
L'avenir des Etats-Unis sous Donald Trump sera une thématique importante cette année du Festival international du film sur les droits humains (FIFDH) à Genève. L'écrivain Douglas Kennedy sera de la partie. Côté soutien, le festival est inquiet de l'attitude de la Suisse.
Les trois directeurs du Festival international du film sur les droits humains (FIFDH) ont choisi de mettre en avant la montée des extrêmes (archives).
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Keystone-SDA, sn, ats
13.02.2025, 12:43
ATS
Plusieurs films s'attaqueront à la montée des extrêmes lors du festival prévu du 7 au 16 mars, ont dit jeudi les organisateurs. «Les invités de cette édition nous encouragent à repenser le collectif» et à ne pas «céder à la sidération face aux conflits meurtriers, au recul des libertés et au non-respect du droit international», estiment les co-directrices éditoriales Laura Longobardi et Laila Alonso Huarte. «La puissance du cinéma reste au centre du festival», a dit à la presse la seconde.
Le président américain trouvera sa place dans le contenu du FIFDH cette année. En première européenne, «The Last Republican» suit un responsable politique en première ligne face à Donald Trump après l'assaut du Capitole de 2021. «Il n'était pas possible» de ne pas aborder le président américain, a reconnu Mme Longobardi.
D'autres films montreront l'organisation des mouvements extrémistes en Europe ou les opinions sans filtre dans les cercles néo-fascistes britanniques. Ces groupes alimentent «les discours de haine» , a déploré Mme Longobardi.
Le Proche-Orient ne sera à nouveau pas oublié, avec plusieurs films et discussions. Parmi eux, Un documentaire en première internationale montre les efforts du chirurgien britannico-palestinien Ghassan Abu Sittah dans la bande de Gaza. Il viendra prolonger la projection dans une discussion.
Suisse fédérale épinglée
En première mondiale, un documentaire sur l'Agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) donnera lieu à un débat, notamment sur le gel du financement suisse. Le commissaire général de l'agence onusienne, le Neuchâtelois Philippe Lazzarini, et l'ancien ambassadeur Jean-Daniel Ruch participeront.
Le président du Conseil de fondation Yves Daccord est inquiet du «retrait de la Suisse fédérale» sur le droit international humanitaire (DIH). Celui-ci a un impact sur la Genève internationale, insiste-t-il également.
Et le président de douter que l'aide suisse au festival soit de même nature l'année prochaine. «On se prépare» à ce que le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) réduise son soutien, dit-il. Que ce soit sur les 150'000 francs de financement ou, plus encore, sur la présence de la Suisse.
«Il y a un vrai retrait et il se passe au pire moment», alors que la situation internationale demande d'oeuvre, ajoute M. Daccord. Les conseillers fédéraux ne sont plus intéressés à participer et le DFAE est désormais «inquiet de montrer les films dans ses ambassades», selon lui.
Il salue l'engagement du Canton et de la ville de Genève pour aider la Genève internationale face à l'incertitude provoquée par les décrets de M. Trump. «Je n'ai pas entendu la Suisse», déplore-t-il. Il appelle aussi à une «vraie réflexion» sur ce que signifie cet écosystème de la Genève internationale pour les droits humains.
Watson attendu
Parmi le reste de l'affiche prévue au FIFDH, autre guerre en cours, l'Ukraine sera cette fois abordée sur les possibilités de sortie du conflit. La Prix Nobel de la Paix Oleksandra Matviichuk honorera à nouveau le festival de sa présence.
Sur les questions écologistes, le défenseur des baleines Paul Watson sera à Genève. Libéré il y a quelques mois après avoir été retenu au Groenland, il parlera de la criminalisation des activistes.
Soudan, luttes féministes, notamment auprès des Afghanes, mais aussi la tendresse après la colère sont aussi mis en avant par le FIFDH. Le festival veut dénoncer mais aussi relayer la solidarité dans les solutions pour aider la société. Il faut «faire communauté», a précisé Mme Alonso Huarte.
Au total, près d'une trentaine de films sont en compétition, des documentaires comme des fictions. Plus de 160 rencontres et projections vont rassembler plus de 250 cinéastes et personnalités des droits humains.
Et le FIFDH démarre également une étude d'accessibilité qui devrait durer pendant les deux prochaines éditions. Il commence aussi à se poser la question de l'intelligence artificielle (IA) pour ses collaborateurs, tout en posant des limites. En revanche, pas question pour le moment de confier à celle-ci le choix des films.