À voir absolument! «L'Affaire Bojarski»: l'incroyable histoire vraie d'un faux-monnayeur

Valérie Passello

29.1.2026

C'est un vrai coup de coeur de notre rédaction: «L'Affaire Bojarski», long-métrage tiré d'une histoire vraie, nous plonge dans l'histoire passionnante d'un immigré polonais bourré de talent, qui a fait trembler la Banque de France pendant une quinzaine d'années, en fabriquant des billets de banque plus vrais que nature. Un film de Jean-Paul Salomé, servi par l'excellent Reda Kateb. Rencontre avec le réalisateur et l'acteur.

«L'Affaire Bojarski»: l'incroyable histoire vraie d'un faux-monnayeur

«L'Affaire Bojarski»: l'incroyable histoire vraie d'un faux-monnayeur

C'est un vrai coup de coeur de notre rédaction: «L'Affaire Bojarski», long-métrage tiré d'une histoire vraie, nous plonge dans l'histoire passionnante d'un immigré polonais bourré de talent, qui a fait trembler la Banque de France pendant une quinzaine d'années, en fabriquant des billets de banque plus vrais que nature.

27.01.2026

Valérie Passello

Un ingénieur de talent, qui invente des objets dont nous nous servons tous aujourd'hui, mais qui ne parvient pas à décrocher des contrats, parce qu'il est immigré polonais en France dans les années 1950-1960. Voilà la réalité de Jan Bojarski. Pour faire vivre sa famille, l'homme prend alors une décision: il va fabriquer de faux billets de banque, travaillant sans relâche, dans le secret de son atelier.

Pour ne pas se faire pincer, il écoule ses billets au quatre coins du pays, jamais dans le même commerce. Avec son chapeau, son imper et sa valise, cet homme discret sillonne la France pour s'approvisionner en papier à cigarettes, le seul qui lui permette de recréer la qualité de papier nécessaire à l'impression des billets de banque.

Et pendant quinze ans, il échappe à la police. «L'histoire a tout d'un polar de Simenon», admet le réalisateur Jean-Paul Salomé. Et pourtant, c'est bien une histoire vraie.

Dans le rôle de celui qu'on appelle aujourd'hui «le Cézanne de la fausse monnaie», Jean-Paul Salomé a immédiatement pensé à Reda Kateb: «Il est venu me voir en me disant qu'il avait envie de faire ce film et qu'il aimerait écrire ce rôle en pensant à moi. J'ai tout de suite été fasciné par l'histoire de cet homme en me demandant pourquoi il n'y avait pas déjà eu des films et des romans sur lui. Et j'ai tout de suite senti qu'avec Jean-Paul Salomé, on allait pouvoir ensemble raconter cette histoire. Ça a été un grand cadeau pour moi», confie l'acteur.

Rencontre avec la fille de Bojarski

À la fin du tournage, l'équipe du film a eu l'opportunité de rencontrer Anne Bojarski, la fille de l'homme au centre de cette histoire.

Jean-Paul Salomé se souvient: «C'était extrêmement émouvant. On savait qu'ils étaient deux, il y avait le frère et la sœur. Aujourd'hui, ce sont des gens qui ont 75 ans à peu près. Le fils, qui a beaucoup souffert de cette histoire à l'époque, ne voulait plus en entendre parler. Et puis, par hasard, la fille, Anne Bojarski, a rencontré la production, a demandé à nous rencontrer quand même. Comme elle a été très sympathique et que cette rencontre a été vraiment très agréable et très enrichissante, je lui ai montré le film». 

Reda Kateb relève: «Je crois que pour elle, c 'est un peu comme si, avec ce film, on rendait un peu justice à son papa».

Quant au réalisateur, il ajoute: «Elle découvre aussi le talent et le génie de son père. Elle comprend mieux pourquoi il avait besoin de tout ce temps pour faire ses billets et sa persévérance, parce qu'on dit que c'est un génie, mais c'est aussi un énorme travailleur. Il a bossé beaucoup, beaucoup pour faire tous ses billets de cette qualité-là. Et que sa fille a finalement découvert et vu des images qu'elle n'avait jamais vues de son père au travail, de son père dans son obsession. Et puis aussi, ça l'a aidé à cicatriser, à apaiser pas mal de peines».

Le flic et le hors-la-loi: le jeu du chat et de la souris

Dans le film, un flic, l'inspecteur Mattei, est obsédé et fasciné par Bojarski. Il va passer quinze ans à le traquer sans relâche. C'est Bastien Bouillon qui tient le rôle du policier. Et à un moment, Jean-Paul Salomé a choisi de faire se rencontrer les deux protagonistes.

Une scène qui amène une tension supplémentaire au scénario et qui a fait plaisir aux comédiens, acquiesce Reda Kateb: «Chaque scène me tenait à cœur. Mais en tout cas, c'était un désir de jouer ensemble. Parce qu'avec Bastien Bouillon, qui est un acteur que j'admire beaucoup, on se croisait tout le temps sur le tournage, tout comme nos personnages, qui sont dans ce jeu du chat et de la souris. Nous, on avait très peu, finalement, de scènes ensemble. Et donc, on attendait un petit peu, ça». 

Chacun avance ainsi ses pions, un peu comme dans une partie d'échecs: le spectateur découvrira comment, au final, le faussaire va se faire pincer. Et l'ironie du sort, c'est que si les billets de Bojarski ne valaient rien à l'époque, ils sont si bien réalisés qu'ils valent désormais une fortune.

Une histoire d'amour

«L'Affaire Bojarski», c'est aussi l'histoire d'un couple qui s'aime envers et contre tout. Mais qui va souffrir du poids du secret. C'est Sarah Giraudeau qui joue le rôle de l'épouse Bojarski et l'actrice n'était pas une inconnue pour Reda Kateb.

«Elle avait joué dans mon film, 'Sur un Fil', que j'ai réalisé et qui est sorti en France il y a un an. Donc, on se connaissait sur un plateau et on a développé une vraie complicité. On est tous les deux, aussi, parrains et marraines d'une association de clowns à l'hôpital, qui s 'appelle 'Le Rire Médecin', c'est aussi un lien que nous avons. J'ai vite senti que cette complicité et cette amitié allaient nous aider à raconter cette histoire d'un couple 'dans la durée'. Moi, c 'est la première fois que je joue une histoire d'amour qui dure 20 ans!», confie l'acteur.

Dans la vraie vie, la femme de Bojarski ne l'a jamais quitté, malgré ses démêlés avec la justice.

Jean-Paul Salomé ne s'est pas trompé en choisissant de porter à l'écran l'incroyable histoire de Bojarski, en évitant soigneusement le scénario d'un biopic, pour lui préférer le polar. C'est passionnant et riche, bien amené et remarquablement interprété. À voir absolument!

Notre note: 10/10