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Présidentielle: un vrai-faux débat avec Macron, sans confrontation

AFP

14.3.2022 - 15:14

Une première grande soirée électorale sans vrai débat. Huit des douze candidats à la présidentielle, dont Emmanuel Macron, s'expriment lundi soir à tour de rôle sur TF1 sur la guerre en Ukraine et ses conséquences en France. Mais les opposants s'insurgent de l'absence de confrontation directe.

AFP

14.3.2022 - 15:14

À 27 jours du premier tour, cette soirée au format inédit s'inscrit dans une campagne qui ne ressemble à aucune autre sous la Ve République, impactée de plein fouet par la guerre en Ukraine et la flambée des prix de l'énergie avec en toile de fond un possible rebond de la pandémie du Covid.

Il y aura le président-candidat, toujours donné grand favori dans les sondages pour un deuxième mandat, mais aussi ses rivaux d'extrême droite Marine Le Pen et Eric Zemmour, de droite Valérie Pécresse (LR) et de gauche Jean-Luc Mélenchon (LFI), Yannick Jadot (EELV), Fabien Roussel (PCF), Anne Hidalgo (PS).

Mais certains n'ont pas été invités, comme les candidats d'extrême gauche Nathalie Arthaud (LO) et Philippe Poutou (NPA), le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan (DLF) ou encore Jean Lassalle qui s'étrangle d'être traité comme un «candidat de merde et inutile».

Tous les adversaires d'Emmanuel Macron s'accordent pour dénoncer son refus de débattre avant le premier tour.

Le chef de l'Etat, par ailleurs très mobilisé en tant que président en exercice de l'UE, justifie sa décision par le fait que les autres présidents sortants en lice pour un second mandat ne s'étaient pas plus prêtés à l'exercice.

«Se passer de l'élection»

«Ah s'il pouvait se passer de l'élection, lui il s'en passerait», s'est indigné Xavier Bertrand, conseiller de Valérie Pécresse, à ce stade au coude-à-coude dans les sondages avec Eric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon pour la troisième place.

«Dans une démocratie, il faut de la confrontation d'idées, que les Français puissent se faire leur opinion. Le 10 et le 24 avril, ce n'est pas un référendum +pour ou contre la guerre+», a-t-il ajouté sur France 2. Même constat à gauche. 

«Cette succession de candidats empêche en vérité qu'on puisse avoir un moment d'échanges significatifs avec le président actuel. Je crois qu'on ne souffrirait pas, en démocratie, de trop de discussions», a relevé Alexis Corbière, lieutenant du candidat Insoumis.

Emmanuel Macron «peut très bien être président et participer à un certain nombre de débats sur des plateaux» mais il «ne souhaite pas le faire», a regretté Marine Le Pen dimanche sur BFMTV, dénonçant son «refus» de participer au moindre exercice démocratique». La candidate RN est dans les sondages donnée en seconde position (17/18%), loin derrière M. Macron (30%).

Cette soirée programmée de 20h20 à environ 23h00 se déroulera en trois phases lors desquelles les prétendants à l'Elysée interviendront les uns après les autres. Avec un temps de parole différent, qui dépend notamment du nombre d'élus, des groupes à l'Assemblée, des sondages, de la dynamique de campagne et des résultats aux précédentes élections, selon TF1, qui se base sur les règles de l’équité édictées par l'Arcom, le gendarme de l'audiovisuel.

«Calculatrice à la place du coeur»

Les candidats auront l'occasion de revenir sur la flambée des prix du carburants, conséquence concrète la plus immédiate pour l'instant de la guerre en Ukraine pour les Français, et plus généralement sur la défense du pouvoir d'achat, préoccupation numéro un des électeurs.

Les oppositions ont durant le week-end qualifié de mesure «électoraliste» ou «dérisoire» l'annonce par le Premier ministre Jean Castex d'une remise à la pompe de 15 centimes par litre à partir du 1er avril.

Pour Ian Brossat, porte-parole du candidat communiste, il faut prendre une "mesure plus simple, radicale»: le blocage des prix à la pompe à 1,70 euro et «la mise en place d’une taxe flottante».

«Le meilleur moyen de financer tout ça, c’est de s'en prendre aux dividendes versés par les grosses compagnies pétrolières à leurs actionnaires», a-t-il estimé sur Franceinfo.

Xavier Bertrand (LR) en a déjà tiré une conclusion tranchée: «Ces gens-là (de l'exécutif, ndlr), ils ont une calculatrice à la place de la tête et à la place du coeur. Ils ne savent pas se mettre à la place des Français».

AFP