Cinéma«Qui vit encore» de Nicolas Wadimoff décroche le Prix de Soleure
ATS
28.1.2026 - 19:42
Le documentariste suisse Nicolas Wadimoff a remporté le Prix de Soleure avec «Qui vit encore» lors de la 61e édition des Journées de Soleure. Le festival, qui s’est achevé mercredi soir, a rassemblé près de 65’000 spectateurs, un niveau comparable à celui de l’an dernier.
Nicolas Wadimoff, avec «Qui vit encore», (à gauche), et Erik Bernasconi, avec «Becaaria», (à droite) sont les gagnants de cette 61e édition des Journées de Soleure.
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Keystone-SDA
28.01.2026, 19:42
ATS
Le «Prix de Soleure», doté de 60’000 francs, a été attribué au documentaire «Qui vit encore» du cinéaste genevois Nicolas Wadimoff. Présenté en première internationale à la Mostra de Venise, le film a marqué le jury par sa force émotionnelle et son approche profondément humaniste.
Gaza: la parole à neuf personnes réfugiées
Le film donne la parole à neuf personnes réfugiées à travers une carte symbolique de Gaza. Elles y racontent leur vie d’avant, la perte de leurs proches et leur tentative de retrouver une existence après le traumatisme. «En partageant leurs histoires, les protagonistes cherchent à se reconnecter à eux-mêmes, à ne plus être des fantômes», a souligné le jury dans sa laudatio.
Selon les jurés, le film relève un défi majeur en créant un contexte éloigné du champ de bataille afin de mieux faire comprendre la destruction physique et les pertes humaines. Le jury était composé de l’économiste et diplomate Jean-Jacques de Dardel, de la cinéaste et productrice Danae Elon et de l’actrice Sarah Spale.
Passage à l'âge adulte
Le Prix du Public, doté de 20’000 francs, a été attribué à «Becaària» du réalisateur tessinois Erik Bernasconi. Le film suit Mario, un adolescent de 16 ans vivant dans un village du Tessin, confronté aux bouleversements de l’adolescence, aux difficultés scolaires et à une relation conflictuelle avec son père.
Envoyé passer l’été à la montagne pour y travailler comme paysan, il découvre peu à peu la vie, l’amour et sa propre identité. Le film est l’adaptation du roman «Il becaària» ("Le vaurien") de l’écrivain tessinois Giorgio Genetelli, publié en 2011.
Deux jeunes réalisatrices alémaniques
Comme meilleur court-métrage, le public a distingué «Versuch, einen Baum in Zürich zu fällen» (Tentative d’abattre un arbre à Zurich) de la réalisatrice biennoise Lara Alina Hofer, âgée de 25 ans. Dans cette docu-fiction aux accents kafkaïens, une femme tente de faire abattre un arbre qui lui rappelle un ancien compagnon toxique, déclenchant une tempête médiatique et administrative.
Le prix du meilleur film d’animation est revenu à «Ich bin nicht sicher» ("Je ne suis pas sûr") de la réalisatrice st-galloise Luisa Zürcher, 28 ans. Le film relate avec humour et sensibilité un séjour hospitalier, entre douleur, absurdité et moments de tendresse, dans les couloirs souterrains d’un hôpital.
Niccolò Castelli, directeur artistique du festival, se dit heureux de la 61e édition des Journées de Soleure, qui s'est achevée mercredi soir. «La forte fréquentation reflète la pertinence du cinéma suisse et le besoin du public de contextualiser les films», a-t-il déclaré.