Musique: «Horse, I'm Virus» Un Libanais et un Suisse à Fribourg: «Le coup de foudre absolu»!

Valérie Passello

3.7.2023

Le duo «Horse, I'm Virus» vient de sortir son 4ème album, intitulé: «Cure» et jouera au festival Les Georges à Fribourg le 14 juillet. Portrait de deux artistes dont les univers complémentaires se sont télescopés avec bonheur.

"Horse, I'm Virus": L'album "Cure", un antidote fribourgeois à la morosité

Valentin Savio et Serge Ghazale sont de deux artistes dont les univers complémentaires se sont télescopés avec bonheur, sur le projet musical "Horse, I'm Virus".

03.07.2023

Valérie Passello

«C'est mon père qui m'a initié à l'écoute de musique. J'ai commencé à faire de la batterie à 11 ans et là, c'était fini: je ne sais rien faire d'autre que de jouer et d'écouter de la musique», lâche Serge Ghazale. Son comparse et producteur Valentin Savio confie quant à lui: «J'ai un besoin de faire du bruit, d'attirer l'attention. C'est peut-être lié à ma famille, à mon parcours: je dois faire sonner, faire trembler.»

Entre les deux, il y a eu une évidence immédiate, assurent-ils. Un jour, on présente à Valentin «un specimen qui a besoin d'être sauvé», raconte-t-il. Un artiste libanais fraîchement arrivé en Suisse, dont le besoin de s'exprimer est trop grand pour être satisfait «dans le milieu où il a atterri». Serge se souvient aussi d'une rencontre mémorable: «On a fait du son pendant douze heures, c'était le coup de foudre absolu», sourit-il.

«Il n'y a aucune appropriation culturelle dans notre musique, on ne s'est pas mis de barrières, on n'a jamais parlé de ça»

Valentin Savio

membre du duo «Horse, I'm Virus»

Les compères montent alors leur projet musical: «Horse, I'm Virus». Ils se définissent comme «un groupe de deux voyous qui font rage, ramène le post-punk des années 80 couplé a l'intensité exaspérante de la musique électronique des années 90». 

La rencontre de l'Orient et de l'Occident

Serge Ghazale est libanais, Valentin Savio est suisse. «Pour moi, la mélodie, c'est l'Orient et l'Europe, c'est le rythme», estime Serge. C'est d'ailleurs bien une certaine structure que son ami fribourgeois lui amène, assure-t-il: «Avec Valou, tout va être parfaitement exécuté et harmonieux d'une manière ou d'une autre».

«L'album est une ode à l'amour propre et universel, qui est toujours là, même dans des situations horribles»

Serge Ghazale

membre du duo «Horse, I'm Virus»

Quand à Valentin, il s'étonne encore de la fluidité avec laquelle le duo fonctionne: «J'ai beaucoup de peine à réaliser que ça m'arrive, ce truc-là. Je suis allé plusieurs fois au Liban, j'ai compris d'où Serge vient, mais je n'ai toujours pas compris comment c'est possible que cette différence 'matche' autant. Il n'y a aucune appropriation culturelle dans notre musique, on ne s'est pas mis de barrières, on n'a jamais parlé de ça. C'est sans filtre, c'est tout droit», détaille-t-il.

Un antidote après la période Covid

Valentin aux platines, Serge au micro, leur quatrième album vient de sortir, en collaboration avec la ville de Fribourg. L'opus, réalisé pendant la pandémie de Covid, s'appelle «Cure», comprenez «Antidote», en français.

Serge raconte: «Cet album s'est vraiment fait dans une période d'incertitude mondiale, où tout le monde s'est senti un peu perdu ou déboussolé. Moi aussi je l'étais, mais j'étais entouré de personnes en or. Et l'album est une ode à l'amour propre et universel, qui est toujours là, même dans des situations horribles».

Les sonorités ne sont pas sans rappeler le mythique groupe «The Cure», mais même si c'est assumé, l'intention du duo n'était pas forcément de rendre hommage à Robert Smith et consorts. 

«Horse, I'm Virus» va se produire le 14 juillet aux Georges à Fribourg. Et les deux artistes s'en réjouissent: «C'est la famille, c'est la maison, il y a des potes qui jouent: que du bonheur!» s'enthousiasme Serge. «En plus c'est une scène très populaire, pour nous qui ne le sommes pas la plupart du temps», remarque Valentin.

«Bruit Rose», un vivier artistique 

La collaboration de Serge et Valentin a en outre débouché sur un projet plus vaste: ni plus ni moins que la création d'un nouvel espace culturel à Fribourg. En collaboration avec Danaé Clozza et Camilo De Martino, le tandem a investi les locaux d'une ancienne usine.

«'Bruit Rose' est né un peu comme 'Cure', raconte Valentin. On était aussi en plein Covid et on a voulu chercher un nouvel espace pour nos projets personnels. Mais en fait l'espace était tellement parfait que l'on ne pouvait pas garder ça pour nous.»

Ainsi, «Bruit Rose» permet désormais d'accueillir davantage d'artistes, en résidence ou pour des représentations, dans un espace professionnel, ainsi que de les soutenir dans leur démarche artistique.