Nouveau président

Credit Suisse attend impatiemment son «messie»

al

26.4.2021 - 10:13

Antonio Horta-Osorio, futur président de Credit Suisse, est attendu de pied ferme à Zurich où il devra s'employer à remettre sur pied une banque secouée par les affaires et scandales. 

al

26.4.2021 - 10:13

epa03749623 Group Chief Executive of Lloyds Banking Group, Antonio Horta-Osorio, arrives to Portcullis House for a Treasury selected committee meeting in London, Britain, 18 June 2013. EPA/FACUNDO ARRIZABALAGA
Le Portugais, qui dirige actuellement le groupe bancaire britannique Lloyds, aura fort à faire pour définir une stratégie et insuffler une nouvelle culture d'entreprise. (archives)
KEYSTONE

L'assemblée générale de vendredi prochain devrait introniser sans difficulté le successeur d'Urs Rohner. Le Suisse aura passé 12 ans au sein de l'organe de surveillance du numéro deux bancaire helvétique, qu'il préside depuis 2011.

M. Horta-Osorio, âgé de 57 ans, avait quant à lui pris les commandes de Lloyds Banking Group en mars 2011. Il est décrit par son actuel employeur comme disposant d'une grande expérience dans la banque de détail et commerciale. Ce diplômé en MBA de l'Universidade Catolica Portuguesa et de l'école française d'administration des affaires Insead a précédemment travaillé pour les groupes bancaires Goldman Sachs, Citibank et Grupo Santander.

Connu pour sa poigne

Il provient d'une banque de détail britannique qui emploie 65'000 personnes et qui a dégagé l'année dernière un bénéfice net de 1,4 milliard de livres (1,8 milliard de francs). Les avoirs sous gestion s'élevaient à la fin de l'année dernière à 871,3 milliards de livres (1109 milliards de francs). A titre de comparaison, Credit Suisse compte environ 48'770 employés pour un profit net annuel de 2,7 milliards de francs et des avoirs sous gestion de 1511,9 milliards.

Le Portugais a surtout été crédité d'avoir redressé l'établissement britannique, sauvé de la faillite après la crise financière de 2008, moyennant des coupes drastiques dans les effectifs. Chez Credit Suisse, il oeuvrera de concert avec le directeur général Thomas Gottstein pour remettre sur les rails un établissement éclaboussé par le scandale de filatures et ses investissements hasardeux dans Greensill Capital et Archegos.

«Crise existentielle»

Antonio Horta-Osorio «est exactement celui dont Credit Suisse a besoin», a estimé David Herro, associé de Harris Associates, récemment cité par Bloomberg. Le fonds d'investissement est actionnaire de la banque des bords de la Limmat à hauteur de 5%. Dans ses nouvelles fonctions, le futur président devrait se concentrer sur le retrait des activités à risques et à faible rentabilité, a-t-il souligné.

C'est exactement à quoi va s'employer M. Gottstein dès l'entrée en fonction début mai de M. Horta-Osario. Jeudi dernier, en marge des résultats au premier trimestre, le patron de Credit Suisse avait insisté qu'ils allaient mener «une revue stratégique sur l'ensemble des activités» du groupe bancaire.

Cela s'avère nécessaire. Credit Suisse a subi au premier trimestre une perte avant impôts de 757 millions de francs, en raison de la débâcle du fonds spéculatif américain Archegos qui s'est traduite par une charge de 4,4 milliards de francs. La banque a été obligée de lever 1,7 milliard de francs de capitaux pour redresser son ratio de fonds propres durs.



À cela devraient s'ajouter 0,6 milliard au second trimestre, ainsi que les conséquences pas encore précisées de la faillite de la société de services financiers Greensill Capital qui a conduit à la fermeture de quatre fonds associés par Credit Suisse.

Selon le quotidien britannique Financial Times, M. Horta-Osario devra réformer la banque et notamment sa gestion du risque et définir une nouvelle stratégie.

Quant à la société de conseil aux actionnaires Actares, elle estime que le groupe bancaire doit regagner la confiance perdue. La banque «se trouve dans une crise existentielle» et doit revoir sa stratégie ainsi que sa culture d'entreprise. Dans ce contexte, Actares s'interroge si le futur président saisira l'opportunité de redresser la barre et regagner la confiance des clients, des actionnaires et des employés.

al