Pertes

Boeing plombé par les déboires du long-courrier 787

afp

26.1.2022 - 15:24

Boeing a dû passer dans ses comptes deux charges d'un montant total de 3,8 milliards de dollars (3,5 milliards de francs) au quatrième trimestre en raison de la suspension des livraisons de son long-courrier 787 Dreamliner, en proie à des problèmes de production.

Boeing a passé dans ses comptes deux charges d'un total de 3,8 milliards de dollars au quatrième trimestre en raison de la suspension des livraisons de son long-courrier 787 Dreamliner, en proie à des problèmes de production. (archives)
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26.1.2022 - 15:24

Le constructeur aéronautique a par conséquent enregistré une perte nette de 4,1 milliards de dollars sur la période et de 4,2 milliards de dollars au total sur l'ensemble de l'année 2021.

Boeing, qui comptait sur le retour progressif du 737 MAX dans le ciel après les deux accidents mortels qui l'avaient cloué au sol pendant plus de vingt mois, a été rattrapé cette fois-ci par des défauts de fabrication.

Des premiers vices ont d'abord été découverts à la fin de l'été 2020, sur le raccord d'une portion du fuselage ainsi que sur le stabilisateur horizontal. D'autres problèmes techniques sont ensuite apparus, sur le nez de l'appareil notamment.

Boeing a dû suspendre les livraisons, de novembre 2020 à mars 2021 dans un premier temps, puis depuis fin mai, et réduire les cadences de production.

Pour le patron du groupe, David Calhoun, Boeing veut «s'assurer que chaque avion sortant de (son) système de production soit conforme à (ses) rigoureuses spécifications».

«Cet effort continue d'avoir un impact sur nos livraisons et nos résultats financiers, mais nous sommes pleinement convaincus que c'est la bonne chose à faire», a-t-il souligné dans une lettre aux employés consultée par l'AFP.

Le groupe, qui ne souhaite pas s'avancer sur une date de retour des livraisons tant que les discussions avec l'autorité américaine chargée de l'aviation sont en cours, a enregistré une charge de 3,5 milliards de dollars liée aux retards de livraison et aux compensations accordées aux clients.

Le ralentissement de la production et les travaux supplémentaires à effectuer sont sources de «coûts anormaux» supplémentaires d'environ 2 milliards de dollars, et non seulement 1 milliard comme prévu par Boeing en octobre.

Pour le quatrième trimestre, ces coûts anormaux se traduisent par une charge de 285 millions de dollars.

Charge sur les ravitailleurs

Boeing a par ailleurs passé dans ses comptes une charge de 402 millions de dollars liée au ravitailleur KC-46.

Au rang des bonnes nouvelles, le groupe a retrouvé un flux de trésorerie positif au quatrième trimestre, pour la première fois depuis le premier trimestre 2019.

Boeing a aussi un peu réduit sa dette au cours du quatrième trimestre, de 4,3 milliards de dollars. Elle s'affichait fin décembre à 58,1 milliards de dollars.

Soutenu par le retour du 737 MAX dans le ciel, qui reprend graduellement du service depuis fin 2020 et est acheminé aux clients, le chiffre d'affaires de Boeing a progressé de 7% sur l'ensemble de l'année, pour atteindre 62,3 milliards de dollars.

Il a en revanche reculé de 3% à 14,8 milliards au quatrième trimestre.

L'action prenait 1,3% dans les échanges électroniques précédant l'ouverture de la Bourse.

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