Conjoncture helvétique: ça passe ou ça casse

vj

15.12.2020 - 09:45

Reflet du haut degré d'incertitude, le Secrétariat d'état à l'économie accompagne ses prévisions de deux scénarios. La premier tient compte d'une amélioration rapide de la situation sanitaire, le second combine les différents risques liés à un renforcement des mesures.

Une personne portant un masque de protection facial marche devant un magasin en liquidation totale avant fermeture lors de pandemie de Coronavirus (COVID-19) ce mardi 20 octobre 2010 a Lausanne. (KEYSTONE/Laurent Gillieron)
Dans le scénario pessimiste, le Seco craint une vague de faillites et de licenciements dans plusieurs secteurs
KEYSTONE

À la faveur de tests rapides largement disponibles, du fonctionnement amélioré du traçage des contacts, la 2e vague de la pandémie est maîtrisée plus rapidement et les mesures de lutte contre le Covid-19 peuvent déjà être assouplies durant l'hiver.

C'est la première hypothèse, qui repose sur un redressement plus rapide et durable de l'économie mondiale l'an prochain que ne le prévoient les experts du Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco) dans leur scénario de base, explique mardi le Seco. 

Ce scénario prend également en compte une immunisation de la population plus importante du fait d'une disponibilité à grande échelle de vaccins plus rapide qu'escompté.

La reprise de la conjoncture mondiale qui s'en suit bénéficie dès lors aux exportations helvétiques. Les entreprises rattrapent dans la foulée les investissements qui ont été reportés et embauchent à nouveau.

Un bond du PIB de 4,4%?

Ce scénario optimiste entrevoit encore l'amélioration de la situation sur le marché du travail et l'absence de mesures de lutte contre le Covid-19,  susceptibles de doper la consommation privée, accélérant l'effet de rattrapage attendu d'ici 2022. La trajectoire du PIB qui aurait été attendue sans la crise sanitaire liée au Covid-19 est ainsi atteinte et même temporairement dépassée.

Au final, après un repli de 3,2% cette année, la conjoncture helvétique se reprend sensiblement en 2021, le PIB affichant alors un bond de 4,4%, pour poursuivre sur une hausse de 3,8% en 2022. Le taux de chômage devrait lui diminuer pour se fixer à une moyenne annuelle de 2,7% en 2022.

Le Seco relève que même dans ce scénario favorable, les effets de la crise sanitaire demeureraient conséquents, la perte cumulée au niveau du PIB d'ici 2022 se chiffrant à 63 milliards de francs au regard des prévisions de décembre 2019.

Et si les mesures étaient maintenues jusqu'en 2022...

Le 2e scénario envisage une situation épidémiologique globalement difficile, qui continuera à peser sur l'économie bien au-delà de 2021.

Il repose sur des mesures de lutte contre la 2e vague de la pandémie renforcées, tant au niveau de l'intensité que de la durée. Le Seco retient dans ce cas leur maintien à divers degrés jusqu'en 2022, retardant ainsi la normalisation de la consommation des ménages.

Cette hypothèse n'offre que de maigres perspectives aux secteurs les plus exposés, en particulier le tourisme, alors que des vagues de faillites et licenciements affectent d'autres branches de l'économie.

Une perte de 140 milliards 

Elle comporte aussi l'impact négatif d'une grande incertitude au niveau de la demande mondiale sur les exportations helvétiques.

En suivant ce scénario, le PIB de la Suisse devrait fléchir de 3,4% cette année pour ne se redresser que de 0,4% l'an prochain, puis de 3,4% en 2022. Le chômage continuera à augmenter, atteignant une moyenne annuelle de 3,7 % en 2021, avant de retomber à 3,4 % en 2022.

Par rapport aux prévisions du Seco de décembre 2019, la perte de PIB d'ici la fin de 2022 devrait alors totaliser pas moins de 140 milliards de francs suisses (en valeur nominale).

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