Energie renouvelable: Réacteur inédit à Sion

ATS

25.9.2020 - 14:40

Energie renouvelable - Un réacteur d'un nouveau genre testé à Sion

Energie renouvelable - Un réacteur d'un nouveau genre testé à Sion

Un réacteur d'un nouveau genre a été inauguré vendredi à Sion. Doté de la technologie du Power-to-Gas, il stocke sous forme de méthane de synthèse le surplus de courant produit par des centrales solaires, hydrauliques ou éoliennes.

25.09.2020

Un réacteur d'un nouveau genre a été inauguré vendredi à Sion. Doté de la technologie du Power-to-Gas, il stocke sous forme de méthane de synthèse le surplus de courant produit par des centrales solaires, hydrauliques ou éoliennes.

«Il s'agit d'une technique prometteuse contribuant à garantir l'approvisionnement énergétique durable de la Suisse», ont déclaré les partenaires du projet réunis à Sion autour du nouveau réacteur. Ce dernier a été installé dans le poste de détente et de comptage (PDC) de Sion, un poste qui permet de réduire la pression et de délivrer le gaz aux distributeurs ou aux gros consommateurs industriels.

Le Power-to-Gas stocke les surplus d'énergie issus de sources renouvelables (solaire, éolien, hydraulique) et les transforme en hydrogène. Puis le réacteur de méthanation combine l'hydrogène et le CO2 pour produire du méthane de synthèse, un gaz renouvelable qui sera injecté dans le réseau public de gaz d'OIKEN, distributeur valaisan également partenaire du projet

L'une des particularités de ce réacteur, «premier du genre en Suisse», est qu'il convertit plus de 99% du CO2 capté. Il s'agit «du plus haut taux de conversion par rapport aux autres produits existants sur le marché», ont souligné les partenaires. Il contribue ainsi «à la décarbonisation, mais aussi à une meilleure gestion des surplus de production d'énergie et les goulets d'étranglement au niveau du réseau électrique».

Du gaz décarboné

Projet-pilote, la production de gaz de synthèse renouvelable du PDC de Sion représente pour l'instant «de petites quantités, soit 11,3 kWh», mais le but à plus long terme est de réaliser «un réacteur d'une puissance 10 à 20 fois supérieure» et de produire cette énergie renouvelable en continu, pour le chauffage, les véhicules ou encore pour les processus de la grande industrie, précise René Bautz, directeur général de Gaznat.

Le projet répond à la volonté de Gaznat de ne livrer plus que du gaz décarboné d'ici 2050, conformément à l'objectif de neutralité climatique fixée par le Conseil fédéral, poursuit René Bautz. La demande en énergie décarbonnée devrait fortement augmenter ces prochaines années et le stockage à large échelle sera un élément-clé pour la répondre à la saisonnalité de l'offre et de la demande, et compléter l'approvisionnement électrique.

Dans le labo à l'EPFL Valais

Né en 2016, le projet a démarré l'année suivante au laboratoire des matériaux pour les énergies renouvelables (LMER) à l'EPFL Valais Wallis dirigé par le professeur Andreas Züttel. Le réacteur y a été testé pendant trois ans. Depuis début septembre, il est testé en milieu industriel, soit dans le PDC de Sion. Son coût s'élève à un million de francs environ, financé à part égale par Gaznat et Innosuisse, l'agence suisse pour l'encouragement de l'innovation.

Le projet d'une installation dix fois plus puissante est d'ores et déjà sur les rails avec l'EPFL et devrait porter ses fruits d'ici 2025. Plusieurs millions seront investis, indique René Bautz, sans articuler de chiffres plus précis.

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