Conjoncture La consommation privée devrait ralentir selon les économistes d'UBS

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9.7.2024 - 10:15

Les dépenses des ménages, jusqu'à présent l'un des moteurs de l'économie suisse, devraient ralentir la cadence ces prochains mois et épuiser leur reprise post-pandémique. La croissance helvétique doit tout de même rester solide et l'inflation maîtrisée.

La consommation privée, qui avait accéléré de 2,1% en 2023, ne devrait plus croître que de 1,2% en 2024 et 2025, selon UBS.
La consommation privée, qui avait accéléré de 2,1% en 2023, ne devrait plus croître que de 1,2% en 2024 et 2025, selon UBS.
ATS

9.7.2024 - 10:15

«La consommation a été ces deux dernières années le moteur de la conjoncture helvétique», ont rappelé les économistes d'UBS mardi dans une étude. Cette composante économique devrait encore contribuer à la croissance cette année, mais dans une moindre mesure qu'en 2022 et 2023.

Dans leurs projections, les spécialistes d'UBS tablent en effet sur un produit intérieur brut (PIB) en hausse de 1,3% cette année, après +0,7% en 2023. L'année prochaine, le PIB est attendu en hausse de 1,5%.

La consommation privée, qui avait accéléré de 2,1% en 2023, ne devrait plus croître que de 1,2% en 2024 et 2025, alors que les exportations – l'autre moteur de l'économie suisse – sont attendues en progression de 2,1% cette année et de 3,9% la suivante.

Pour expliquer le ralentissement anticipé des dépenses des ménages, les experts d'UBS avancent l'épuisement de l'envie de dépenser constatée après la pandémie de coronavirus. Facteur aggravant, la forte hausse des primes maladies attendue pour l'année prochaine va peser sur le pouvoir d'achat des particuliers.

Vers une nouvelles baisse du taux directeur

L'inflation devrait quant à elle rester sous contrôle, avec une hausse des prix attendue à 1,2% cette année, après 2,1% en 2023. L'exercice prochain, les prix à la consommation devraient accélérer de seulement 1,0%, d'après les projections de la banque. Le fort recul des prix de l'énergie explique cette tendance baissière, ainsi que les faibles taux d'utilisation.

Les risques géopolitiques – avec la suite incertaine des élections législatives en France et la présidentielle en novembre aux Etats-Unis – risquent quant à eux de peser sur le franc. Considéré comme valeur refuge, la monnaie helvétique pourrait s'en retrouver valorisée par rapport à l'euro. UBS entrevoit ainsi la paire de devises euro-franc à 0,92 d'ici juin 2025, contre 0,9725 actuellement, une aubaine pour les achats en zone euro mais une charge supplémentaire pour les exportateurs suisses.

Les baisses attendues des taux d'intérêt aux Etats-Unis rendant le franc plus attrayant par rapport au billet vert, la paire dollar-franc devrait évoluer autour de 0,81 en juin 2025, contre 0,898 actuellement.

«Si l'économie suisse retrouve l'équilibre l'année prochaine, la BNS devrait maintenir ses taux directeurs stables à 1%, après une dernière baisse en septembre 2024», a estimé l'économiste en chef d'UBS Suisse, Daniel Kalt. La Banque nationale suisse devrait ainsi abaisser une troisième et dernière fois cette année son taux directeur de 0,25 point de pourcentage.

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