Les banques suisses semblent se laisser tenter 

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11.1.2022 - 10:28

Le vent semble tourner au sein du secteur bancaire au sujet des cryptomonnaies. Initialement sceptiques, voire méfiants, de nombreux établissements helvétiques envisageraient désormais de proposer à leurs clients cette classe d'actifs comme produit d'investissement.

epa09595075 A bitcoin icon is diplayed during President Nayib Bukele's announcement about the bitcoin city project that will work in eastern El Salvador, in Santa Maria Mizata, El Salvador, 21 November 2021. The Salvadoran president participated in an activity that brought together foreigners and investors who met in the Central American country to learn about the implementation of bitcoin, which has been circulating in the territory since 07 September. Bukele gave a speech in English during his participation in the event that was held in a hotel on the touristy Mizata beach, the central department of La Libertad. EPA/Rodrigo Sura
Initialement sceptiques, voire méfiants, de nombreux établissements helvétiques envisageraient désormais de proposer à leurs clients cette classe d'actifs comme produit d'investissement. (image d'illustration)
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11.1.2022 - 10:28

Une majorité d'acteurs bancaires va même plus loin, anticipant une démocratisation des cryptodevises dans un horizon de dix ans, selon une enquête publiée mardi par Ernst & Young (EY). Pour 55% des sondés, le bitcoin, l'ethereum, le dodgecoin et consorts deviendront à terme une catégorie de placement classique, au même titre que les actions ou les obligations.

Les banques privées et les établissements sis en Suisse mais détenus par des groupes étrangers sont les plus convaincus, souscrivant respectivement à 64% et 66% à un tel scénario.

Les banques prévoyant de proposer une offre de placement en cryptomonnaies dans les trois prochaines années sont également majoritaires, à 55%. Les banques privées (68%) se distinguent une nouvelle fois, suivies par les banques cantonales (50%).

Selon EY, les clients sont déjà très demandeurs. «La raison de cet intérêt élevé (...) pourrait être liée aux faibles corrélations entre les placements en cryptomonnaie et les placements traditionnels», affirme le géant du conseil.

Encore de la méfiance

Des réticences n'en demeurent pas moins au sein des banques, surtout du point de vue de la réglementation. Le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire – émanation de la Banque des règlements internationaux – a proposé en juin dernier des prescriptions très strictes en termes de fonds propres pour les établissements souhaitant s'aventurer sur le terrain des cryptodevises, rappelle EY.

Dans une note diffusée en juillet dernier, UBS a mis en garde contre les «risques substantiels» que représentent les cryptomonnaies. Le numéro un bancaire zurichois recommande aux investisseurs d'éviter ce type d'actifs dans leur portefeuille et de leur préférer des valeurs technologiques moins risquées, comme les fintech.

Pour sa part, la Banque nationale suisse (BNS) ne reconnaît pas le statut de monnaie pour bitcoin ou l'ether. Ces cryptodevises ne remplissent pas des conditions essentielles pour être considérées comme monnaie et les variations de cours élevées plaident contre un tel statut, avait souligné en juin Andrea Maechler, membre du directoire de la BNS.

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