La Chine dans le viseurTerres rares: les pays du G7 Commerce vont «muscler» leur réponse
ATS
6.5.2026 - 18:37
Sans désigner explicitement la Chine, les ministres du Commerce du G7 ont exprimé mercredi leur profonde inquiétude face aux «restrictions arbitraires» à l'exportation de terres rares. Ils ont convenu de «muscler» leur réponse face aux déséquilibres commerciaux actuels.
De gauche à droite, Maros Sefcovic, commissaire européen chargé du commerce et de la sécurité économique, Katherina Reiche, ministre allemande de l'Économie, Peter Kyle, secrétaire d'État britannique aux Affaires et au Commerce, le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, le ministre français du Commerce, Nicolas Forissier, le ministre canadien du Commerce international, Maninder Sidhu, la sous-secrétaire d'État italienne aux Affaires étrangères, Maria Tripod, le Japonais Akazawa Ryosei et le ministre d'État japonais aux Affaires étrangères, Horii Iwao, posent pour une photo de groupe lors de la réunion du G7 sur le commerce à Paris, le mercredi 6 mai 2026. (AP Photo/Aurelien Morissard, Pool)
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06.05.2026, 18:37
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Les ministres de ces sept pays industrialisés (France, Allemagne, Etats-Unis, Canada, Italie, Japon et Royaume-Uni) ont discuté pendant deux jours à Paris de surcapacités industrielles, approvisionnement en matériaux critiques, réforme de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et commerce électronique international. Ces sujets tournent beaucoup autour de la Chine, mais le pays n'est pas explicitement pointé.
«Nous exprimons nos profondes inquiétudes quant aux mesures de coercition économique, y compris les restrictions arbitraires à l'exportation, susceptibles d'entraîner des ruptures dans les chaînes d'approvisionnement, notamment en minerais critiques, et de nuire à la sécurité et à la résilience économiques», ont-ils déclaré dans un communiqué commun.
Plusieurs gouvernements occidentaux s'inquiètent en effet de leur dépendance aux chaînes d'approvisionnement chinoises, notamment pour les terres rares, ces éléments essentiels à l'électronique grand public ou aux équipements militaires.
Pratiques faussant le marché
Plus généralement, les ministres ont rappelé leur «préoccupation commune» concernant notamment des «pratiques faussant le marché» ou encore «des surcapacités structurelles mondiales».
Le Français Nicolas Forissier, dont le pays assure cette année la présidence du G7, a salué «des résultats concrets». «Nous allons renforcer notre coopération face aux déséquilibres du commerce international» et «muscler ensemble nos réponses», a-t-il déclaré devant la presse, sans toutefois donner de détails.
La réunion a également permis de faire des progrès sur la sécurisation des chaînes d'approvisionnement de minerais critiques. «Nous coopérerons avec nos partenaires en vue de réduire nos dépendances critiques et de garantir l'échec de toute tentative ou menace d'utiliser les dépendances économiques comme des armes», ont prévenu les ministres.
«Prise d'otage»
Nicolas Forissier a précisé qu'un certain nombre de propositions ont été faites avec «la volonté d'aboutir à une boîte à outils commune».
«Il faut évidemment qu'on mette tout en oeuvre pour empêcher toute prise d'otage par tel ou tel qui maîtriserait tout ou la plus grande partie d'une chaîne de valeur en matière de métaux critiques ou de terres rares», a-t-il dit.
Parmi les mécanismes pouvant notamment garantir la diversification des chaînes d'approvisionnement, le communiqué cite des normes, des mécanismes de traçabilité, des mécanismes de stabilisation des revenus ou des instruments commerciaux tels que des quotas et des prix planchers.
«Des deux côtés»
Affichant leur unité dans leur communiqué commun, les pays du G7 n'ont pas directement abordé la menace américaine de frapper les véhicules européens d'une surtaxe de 25%, discutée seulement en marge de la rencontre.
Le commissaire européen au Commerce Maros Sefcovic a indiqué être parvenu mardi à Paris, avec le représentant américain au Commerce Jamieson Greer, «à la conclusion qu'il est essentiel de respecter l'accord» sur les droits de douane entre États-Unis et UE, «des deux côtés».
Cet accord conclu en 2025 à Turnberry (Ecosse) est basé sur des droits de douane de 15% sur les produits européens arrivant aux États-Unis. Vendredi, le président américain Donald Trump avait accusé l'UE de ne pas respecter cet accord commercial, des accusations rejetées par Bruxelles.
Concernant les petits colis dont la Chine inonde le monde, le G7 souhaite également renforcer la coopération entre ses membres pour assurer une concurrence équitable. Ces travaux nourriront le sommet des dirigeants du G7 prévu en juin à Evian.