Reprise économique

Les salariés doivent être récompensés, exige Travail.Suisse

ch, ats

12.8.2021 - 09:54

L’évolution favorable de la pandémie en Suisse a déclenché une forte reprise économique, constate Travail.Suisse. Les salariés y ont largement contribué. Il convient donc de les y faire participer par la compensation du renchérissement et par des augmentations de salaire, exige le syndicat.

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12.8.2021 - 09:54

Dans le secteur de la construction notamment, des hausses de salaires sont possibles et nécessaires, estime Travail.Suisse. (image d'illustration)
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La baisse du nombre de cas d’infection et l’augmentation rapide du taux de vaccination ont permis ces derniers mois de mener une stratégie d’ouverture qui a nettement amélioré la situation économique, observe jeudi Travail.Suisse dans un communiqué.

Les prévisions conjoncturelles du Seco tablent, pour l’année en cours, sur une croissance du PIB de 3,6%. Le fléchissement économique de l’année dernière dû à la pandémie serait ainsi plus que compensé.

«Grâce au dévouement exceptionnel et à la grande flexibilité dont ils ont fait preuve, mais au prix des pertes de revenus qu’ils ont subies, les salarié-e-s ont aidé le pays à surmonter la crise: il est temps de les faire participer à la reprise en augmentant leurs salaires», demande Gabriel Fischer, responsable de la politique économique auprès de l'organisation faîtière des travailleurs.

Pas de revendications générales

Pour les fédérations de Travail.Suisse, les négociations salariales de cet automne représentent un défi de taille. La situation économique est favorable, mais elle varie d’une branche et d’une entreprise à l’autre. Des revendications salariales générales ne sont pas indiquées et une vision différenciée s’impose plus que jamais.

La restauration-hôtellerie compte parmi les secteurs les plus atteints par les restrictions Covid. «Les augmentations de salaire seront rares ici. Nous ne pouvons qu’espérer que la branche sortira plus forte de la crise après l’assainissement structurel qui a lieu en ce moment, pour que graduellement les salaires et les conditions de travail puissent s’améliorer», explique Urs Masshardt, le directeur d’Hotel & Gastro Union.

En revanche, le secteur de la construction est sorti largement indemne de la crise, et l’industrie a déjà en grande partie récupéré. Dans ces secteurs, des hausses de salaires sont possibles et nécessaires.

3 à 4% dans la santé et la vente

De plus, il faut profiter de la reprise pour effectuer dans certaines branches les ajustements structurels négligés. «Dans le domaine de la santé, la pénurie de main-d’œuvre qualifiée est aiguë et les salaires stagnent trop depuis des années. Quant au commerce de détail, les salaires y sont chroniquement trop bas depuis longtemps», constate Mathias Regotz, responsable de la politique d’intérêts et contractuelle au syndicat Syna. «Des augmentations salariales de 3 à 4 % sont obligatoires dans ces secteurs», revendique-t-il.

Les pires scénarios ne se sont pas réalisés pour le marché du travail, constate Travail.Suisse, mais le chômage est toujours supérieur de plus d'un tiers aux chiffres d’avant la crise. Soit près de 35'000 personnes sans emploi en plus.

Par ailleurs, pratiquement un quart de tous les salariés étaient au chômage partiel et par conséquent touchés par des réductions de revenus. Le renchérissement actuel met d’autant plus en péril leur pouvoir d’achat. Les prévisions annoncent un renchérissement de 0,4% cette année et 0,5% l’an prochain.

Dépasser la crise

Selon Gabriel Fischer, «il y a lieu de compenser le renchérissement pour l’ensemble des salariés afin de maintenir le pouvoir d’achat et de soutenir la consommation privée». Les augmentations de salaire sont donc également importantes pour pouvoir dépasser la crise plus rapidement.

La crise a clairement montré l’importance existentielle des prestations fournies par le service public, souligne Travail.Suisse. Les coupes y sont à proscrire. «Ce qu’il faut maintenant, c’est un renforcement et une meilleure reconnaissance par les milieux politiques», explique Albane Bochatay, responsable politique chez transfair. Cette reconnaissance doit être financière et par des conditions de travail équitables.

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