OMC: objectif d'accord sur la surpêche d'ici fin 2020 pas atteint

sn, ats

14.12.2020 - 18:09

L'Organisation mondiale du commerce (OMC), déjà en crise, fait face à un nouvel échec. Malgré de nombreuses réunions à Genève, les membres n'ont pas réussi à arracher un accord pour l'élimination des subventions à la pêche illégale avant la fin de cette année.

Des discussions supplémentaires sur les subventions de la pêche seront requises pour un accord à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Genève (archives).
ATS

Ce délai avait pourtant été choisi par les 164 Etats eux-mêmes. Mais il faudra poursuivre les discussions l'année prochaine, a admis lundi à la presse le responsable des négociations sur cette question, l'ambassadeur colombien auprès de l'OMC.

«Ce que j'avais anticipé en reprenant la présidence des négociations il y a un temps n'a rien à voir avec l'année 2020» qui a suivi, a-t-il aussi dit. «Nous ne pouvons pas rattraper le temps perdu en raison de la pandémie» et le report de la ministérielle qui était prévue en juin, selon lui.

Si un projet de texte consolidé est désormais discuté pour la première fois, les différences sont encore importantes sur certaines composantes. Mais le président se dit «convaincu» qu'un accord est possible à court terme.

L'OMC n'a plus de directeur général non plus depuis début septembre en raison du blocage américain de la nomination de la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala. Un patron «aurait aidé», affirme l'ambassadeur colombien.

Effort lancé par la Suisse

Depuis des mois, les divisions sont établies autour de l'attitude différenciée à laquelle les pays pauvres et en développement ont droit. Fin novembre, l'ambassadeur suisse Didier Chambovey, qui a mené des consultations sur cette composante, avait aussi de son côté dit aux pays membres que les approches étaient très divergentes.

En cause notamment, le statut de pays en développement que la Chine s'autoattribue au sein de l'OMC. Or, Pékin fait partie des principaux acteurs qui subventionnent la pêche. Et elle est également opposée à des dispositifs qui cibleraient la pêche industrielle en haute mer.

Plus rassurant, il semble qu'aucun Etat ne souhaite soutenir par des fonds publics la pêche illégale, non déclarée et non réglementée. Au total, selon les estimations de l'ONU, 90% des stocks marins sont exploités ou surexploités. Un tiers des prises sont liées à la surpêche.

Parmi les autres thématiques actuellement négociées, les coprésidents des discussions sur le commerce électronique entre des dizaines de pays, dont la Suisse, ont estimé lundi que le projet consolidé lancé il y a une semaine montre les améliorations jusqu'à présent, malgré la pandémie. Des avancées sur le contenu sont possibles d'ici la ministérielle qui doit désormais être prévue l'année prochaine, également selon eux.

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