Chiffres affolantsRésidences secondaires : Saint-Moritz reste la station la plus chère
ATS
4.6.2025 - 10:10
Saint-Moritz, dans les Grisons, conserve son titre de marché de résidences secondaires le plus cher des Alpes, selon une étude d'UBS. En constante augmentation depuis cinq ans, les prix des logements de vacances en Suisse devraient quelque peu diminuer en 2025.
A Saint-Moritz, un appartement de vacances haut de gamme coûte au minimum 22'300 francs par mètre carré (archives).
ATS
Keystone-SDA
04.06.2025, 10:10
04.06.2025, 12:03
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A Saint-Moritz, un appartement de vacances haut de gamme coûte au minimum 22'300 francs par mètre carré, selon la dernière étude «UBS Alpine Property Focus 2025», portant sur 42 destinations alpines et présentée mercredi. Verbier, en Valais, occupe la deuxième place du classement avec des prix à partir de 22'100 francs le mètre carré. Les stations de Zermatt (dès 20'900 francs le mètre carré), en Valais, Gstaad (20'600 francs le mètre carré), dans l'Oberland bernois, et Andermatt (20'200 francs le mètre carré), dans le canton d'Uri, complètent le top cinq.
«Parmi les pays de l'arc alpin, c'est en Suisse que les résidences secondaires coûtent le plus cher, devant la France, qui propose le plus de services touristiques. A l'opposé, l'Italie dispose du marché le plus avantageux», a détaillé Thomas Veraguth, économiste spécialiste en immobilier chez UBS, lors d'une conférence de presse en ligne.
Chez nos voisins, Courchevel détient la palme de la station la plus chère des Alpes françaises. Les prix des résidences secondaires haut de gamme y atteignent au moins 17'900 francs par mètre carré. Avec des prix à partir de 13'900 francs le mètre carré, Kitzbühel arrive en tête du classement en Autriche. Cortina d'Ampezzo, qui accueillera les prochains Jeux olympiques d'hiver, est la destination la plus chère des Alpes italiennes, avec des prix à partir de 11'800 francs le mètre carré.
Depuis 2020, les prix des résidences secondaires situées dans les régions de montagne en Suisse se sont appréciés de plus de 30%, donc nettement supérieurs au marché des logements en propriété. En cause, la pandémie de coronavirus et l'essor du travail hybride qui ont déclenché un boom durable de la demande dans l'ensemble de la région alpine. Mais pas que. «L'augmentation de la fortune des ménages et la baisse des taux hypothécaires ont également joué un rôle», a précisé M. Veraguth.
Du fait de leur proximité avec les grands centres économiques de Zurich, Zoug et Lausanne, les marchés immobiliers des communes touristiques des Grisons, de la Suisse centrale et du Valais ont signé les plus fortes hausses. En revanche, les prix ont progressé beaucoup plus modestement dans l'Oberland bernois.
Au 1er trimestre 2025, une résidence secondaire en Suisse coûtait en moyenne 3,6% plus cher par rapport à l'an dernier. Les plus fortes hausses de prix, supérieures à 10%, ont été constatées à Saas-Fee, en Valais, et Disentis, dans les Grisons.
Dans les autres pays de l'arc alpin, les prix dans les principales destinations analysées ont progressé en 2024 d'environ 2,3% en moyenne, avec un pic de 4% observé en France et en Italie. Seule la région alpine autrichienne a enregistré un recul des prix, d'environ 3%. «L'Autriche applique la réglementation la plus stricte en matière de construction et le marché des résidences secondaires y est totalement fermé», a avancé comme explication Thomas Veraguth.
Diminution des prix attendue
Pour cette année, la dynamique des prix devrait s'affaiblir. «Au premier trimestre 2025, les prix sont déjà redescendus au niveau du marché global», relève M. Veraguth. La faible conjoncture économique pèse sur la demande en général. «Le niveau des prix devrait de plus en plus atteindre ses limites. Dans un marché asséché comme celui des Grisons, on voit les premiers signes de saturation», a souligné l'économiste.
De plus, le franc fort ralentit la demande étrangère. Exprimés en euros, en dollars, en couronnes norvégiennes ou en livres britanniques, les prix des logements de vacances en Suisse ont déjà augmenté d'environ 50%, selon l'étude.
Par ailleurs, avec l'assouplissement de la loi sur les résidences secondaires décidé en octobre 2024, la pénurie d'offre actuelle devrait s'atténuer et davantage de biens immobiliers devraient arriver sur le marché suisse. «La Lex Candinas, qui permet d'agrandir jusqu'à 30% les logements construits avant 2012 dans les communes avec plus de 20% de résidences secondaires, stimule l'activité de construction», a expliqué M. Veraguth.
Sur les trois premiers mois de 2025, le nombre de demandes de permis de construire dans les destinations touristiques était déjà supérieur d'environ 10% à celui de l'année précédente, atteignant ainsi son plus haut niveau depuis 2017. À moyen terme, cela devrait atténuer le risque de hausse des prix des résidences secondaires.