France voisine

Saint-Vulbas et la centrale du Bugey fêtent leurs noces d'or

ATS

8.2.2022 - 12:04

La centrale du Bugey fait partie du paysage du village de Saint-Vulbs depuis 50 ans (archives).
ATS

Le village de Saint-Vulbas, dans le département de l'Ain, et la centrale nucléaire du Bugey célèbrent leurs 50 ans de mariage. Le maire Marcel Jacquin parle même de «parfaite harmonie» et de «noces d'or». La centrale ne fait pourtant pas que des heureux. Le canton de Genève, qui la considère comme dangereuse, demande sa fermeture.

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8.2.2022 - 12:04

Le premier réacteur de la centrale, en cours de démantèlement, a été mis en service en 1972. Avant l'arrivée de l'atome, Saint-Vulbas «c'était quatre vaches, cinq moutons et un camion-citerne venant chercher le lait depuis Lyon...», à 40 km, résume le maire. Le bourg comptait 370 habitants, contre 1300 aujourd'hui.

Le centre aux vieilles pierres restaurées est à 3 km de la centrale. Hormis un quartier situé littéralement au pied des quatre réacteurs, le site de 110 hectares entouré de champs et d'une carrière, borné par le Rhône, n'écrase pas l'habitant.

Poids économique

«Bugey», comme on l'appelle ici, fournit 7% de la production nationale d'électricité, 40% de la consommation de Rhône-Alpes. Elle est la plus ancienne installation nucléaire française depuis l'arrêt de la centrale de Fessenheim et représente trois des 10 millions d'euros du budget annuel de Saint-Vulbas.

Rares sont les voix critiques dans la région. «Je suis le seul à m'opposer ou m'abstenir, ici le nucléaire est un fait acquis», constate Paul Vernay, maire Europe Ecologie Les Verts (EELV) du village voisin de Pérouges.

«Les élus ne s'inquiètent ni des coûts ni des risques. L'acceptation est totale, la centrale donne la pâtée...», déplore aussi Madeleine Chatard Leculier, du collectif militant «Stop Bugey».

Située à 80 kilomètres à vol d'oiseau de Genève, le Bugey inquiète aussi du côté suisse. Le canton du bout du lac a réclamé sa fermeture au pôle santé publique du Tribunal de grande instance de Paris. Avec 120 communes, il siège à la Commission locale d'information (CLI) de la centrale.

«La centrale suscite l'inquiétude vu son âge», considère Joël Guerry, du réseau Sortir du nucléaire, qui siège aussi à la CLI. Le militant rappelle notamment la récente condamnation d'EDF pour une fuite de tritium datant de 2017.

L'Autorité de sûreté nucléaire estime que les «performances» du Bugey en terme de sûreté «rejoignent l'appréciation générale portée» sur les centrales d'EDF, bien que «contrastées sur certains points». Le site est aussi un lieu d'entreposage de déchets nucléaires. Il est prévu aussi pour accueillir deux nouveau EPR.

ATS