Site pétrochimique de Carling-Saint-Avold: en transition verte

ATS

10.12.2020 - 14:34

Le site pétrochimique de Carling-Saint-Avold (Moselle) va engager sa transition «verte» grâce à deux projets français de produits à base naturelle d'alternatifs au pétrole, a-t-on appris jeudi auprès des dirigeants de leurs sociétés porteuses.

Les entreprises de biochimie Metabolic Explorer et Afyren, toutes deux basées à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) vont implanter chacune une usine sur la plateforme de Carling, pour la création au total de 110 emplois d'ici à début 2022, ont-elles précisé.

L'unité de Metabolic Explorer produira à partir du printemps prochain un composé organique, le propanediol, et de l'acide butyrique, dont les huiles de colza et de tournesol seront les matières de base, a expliqué Antoine Darbois, dirigeant de la société. Le procédé fait fermenter de la glycérine issue du biodiesel, lui-même produit à partir de ces huiles.

Le projet crée 50 emplois, pour un investissement de 48 millions d'euros dans une usine dont la construction se termine actuellement. Là seront fabriquées chaque année 5000 tonnes de propanediol, principalement pour le secteur cosmétique, et 1000 tonnes d'acide butyrique pour la nutrition animale.

A partir de betteraves

Il proposera «la première solution naturelle, non pétrolière» d'acide butyrique au monde et du propanediol «à base non-OGM», contrairement à ses concurrents américains, selon M. Darbois. Metabolic Explorer a choisi Carling notamment pour «sa localisation à l'intersection de la France et l'Allemagne, les deux principaux producteurs européens de biodiesel», a-t-il poursuivi.

Afyren, pour sa part, va fabriquer à partir de début 2022 sept acides organiques (16'000 tonnes par an) à partir de résidus de betteraves à sucre à Carling, a-t-elle annoncé jeudi. Cette «bioraffinerie zéro déchet, unique en son genre à l'échelle mondiale», dont la construction démarre cette fin d'année, créera 60 emplois et mobilise 80 millions d'euros d'investissements, selon la société.

Destinés à l'alimentation humaine et animale, aux secteurs cosmétique et parfums, à la pharmacie, la chimie fine, ces produits «biosourcés» pourront remplacer leurs homologues tirés du pétrole, en présentant «des propriétés équivalentes, voire supérieures», a exposé Jean Saint-Donat, président d'Afyren-Neoxy, la filiale porteuse du projet.

De plus, les produits concurrents ne sont pas fabriqués en France, si bien que le projet «contribue à la réindustrialisation du pays», a précisé Nicolas Sordet, président d'Afyren.

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ATS