Une premièreVers une baisse de la demande pour le tourisme suisse cet été
ATS
21.5.2026 - 15:28
Le secteur du tourisme en Suisse devrait subir les conséquences des turbulences géopolitiques mondiales. Les économistes s'attendent en effet à une baisse des nuitées lors de la saison estivale, une première depuis la fin de la pandémie de Covid-19, écrit jeudi l'institut BAK Economics.
Une baisse du tourisme est attendue en Suisse cet été. (archive)
ATS
Keystone-SDA
21.05.2026, 15:28
21.05.2026, 19:08
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Au cours de la saison estivale, une baisse de 1,0% des nuitées hôtelières est attendue, à 24,9 millions, projettent les économistes de BAK Economics, qui fournissent ces prévisions sur mandat du Secrétariat à l'économie (Seco). Le repli escompté est à mettre sur le compte d'une demande moindre de la clientèle en provenance des marchés lointains, pour lesquels une baisse de 3,7% des nuitées est crainte.
La guerre en Iran a perturbé le trafic aérien, ce qui explique la frilosité des voyageurs internationaux. Au départ, ce sont surtout les fermetures d'espaces aériens qui ont freiné la demande. «Celles-ci ont particulièrement touché des aéroports importants du Moyen-Orient comme Dubaï, Abou Dhabi ou Doha», a expliqué Simon Flury, chef de projet Tourisme chez BAK Economics, lors d'une conférence de presse jeudi consacrée à la publication des prévisions.
À cela s'ajoutent désormais la hausse des prix du kérosène, qui renchérit globalement les voyages long-courriers.
Moins de visiteurs asiatiques
L'Asie est la zone la plus touchée, en particulier l'Inde et les pays du Sud-Est asiatique, car les aéroports du Proche-Orient sont habituellement des plaques tournantes pour le trafic aérien vers l'Europe. De plus, bon nombre de ces pays dépendent des pays du Golfe pour leur approvisionnement énergétique. «En mars, nous avons déjà constaté des pertes importantes, l'Inde ayant chuté de plus de 30%», a déclaré M. Flury. Par contre, la Chine devrait mieux résister, grâce aux liaisons directes vers la Suisse.
De l'autre côté de l'Atlantique, les Etats-Unis devraient inscrire une légère croissance, ralentissant toutefois leur rythme de progression après avoir joué un rôle moteur au cours des dernières années. En effet, la hausse des prix des vols et le climat de consommation troublé pèsent sur la demande.
La demande intérieure soutient le secteur
La demande intérieure et de certains marchés européens devrait jouer un rôle stabilisateur, alors que, dans un monde troublé, les destinations plus proches profitent d'un regain d'intérêt. Une hausse des nuitées des hôtes indigènes est ainsi attendue, de 0,5% sur un an. La consommation privée risque néanmoins d'être freinée par une inflation plus élevée.
«Il faut toutefois aussi reconnaître que chaque voyage annulé à Dubaï ou en Thaïlande ne sera pas remplacé par une semaine dans les montagnes suisses», a ajouté M. Flury.
Dans l'ensemble, les nuitées des hôtes européens sont escomptées en repli de 1,0%, en raison principalement d'une base de comparaison élevée, l'été 2025 ayant été riche en événements, notamment avec l'Euro féminin de football. Une baisse est en particulier à attendre du côté des hôtes en provenance du Royaume-Uni.
🇨🇭Tourismusprognosen Laut BAK Economics wird für den Sommer 2026 ein Rückgang der Logiernächte um 1% erwartet. Hauptgrund ist die schwächere Nachfrage aus den Fernmärkten. Die Konflikte im Nahen & Mittleren Osten verteuern Fernreisen und belastet den internationalen Reiseverkehr. pic.twitter.com/qjbYoaQXp6