21 morts cette saison Avalanches: le mois de mai a été particulièrement meurtrier

ATS

22.6.2025 - 10:14

La saison d'avalanches 2024-25 dans les Alpes suisses a connu un déroulement très atypique. Au total, 21 personnes ont péri dans une coulée, mais plus de la moitié des décès (11) ont été enregistrés au mois de mai, marqué par des conditions exceptionnellement hivernales en haute montagne.

Le samedi 17 mai 2025, deux randonneurs à ski ont été emportés par une avalanche et mortellement blessés à l'Alphubel, près de Taesch. Tôt le matin, deux alpinistes ont quitté la cabane de Taesch dans le but d'escalader l'Alphubel. À une altitude d'environ 4 165 mètres, dans la zone dite « Eisnase », une avalanche s'est déclenchée et a emporté les deux personnes. Les secours de l'organisation cantonale de sauvetage du Valais ont pu constater le décès des deux alpinistes.
Le samedi 17 mai 2025, deux randonneurs à ski ont été emportés par une avalanche et mortellement blessés à l'Alphubel, près de Taesch. Tôt le matin, deux alpinistes ont quitté la cabane de Taesch dans le but d'escalader l'Alphubel. À une altitude d'environ 4 165 mètres, dans la zone dite « Eisnase », une avalanche s'est déclenchée et a emporté les deux personnes. Les secours de l'organisation cantonale de sauvetage du Valais ont pu constater le décès des deux alpinistes.
KEYSTONE

Keystone-SDA

L'évolution de la saison s'est révélée inattendue même pour les spécialistes de l'Institut fédéral pour l'étude de la neige et des avalanches (SLF). Comme chaque année, il avait suspendu avant la mi-mai la publication de son bulletin d'avalanches, en raison surtout du manque d'informations disponibles à cette période de l'année. Mais finalement, il y a quand même eu deux publications durant ce mois car les circonstances ont changé et l'ont imposé.

L'avalanche survenue à Täsch (VS) le 24 mai, qui a fait cinq morts, a marqué les esprits. C'est une des plus meurtrières des dernières années. «Le mois de mai a été très humide, froid et venteux à plus de 3000 m, avec une constitution du manteau neigeux instable», a expliqué à Keystone-ATS Dr Anna Haberkorn, spécialiste avalanches et prévention au SLF.

Or, en mai, les randonneurs et les adeptes de ski freeride tendent à s'aventurer sur des pentes plus raides que durant l'hiver. Et lorsque la déclivité est forte, même une petite coulée peut se révéler tragique et dévastatrice. Ce scénario s'est produit le mois dernier.

Coïncidences et mystères

Ironie cruelle de la nature, le nombre de morts cette saison est identique à la moyenne des dix dernières années (21, dont onze en Valais), identique aussi à celle des 20 dernières années. Et proche de celle enregistrée depuis le lancement des mesures en 1936-37 (24).

Mais ces coïncidences statistiques cachent de grandes différences. Elles sont en grande partie inexplicables, car le «hasard» joue un rôle important dans ces phénomènes», a expliqué Mme Haberkorn. Par exemple, entre novembre et mi-avril, seules 10 personnes avaient perdu la vie cet hiver, avant que tout s'accélère un mois plus tard. Etonnamment, les très fortes chutes de neige recensées à Pâques n'ont pas débouché sur des avalanches mortelles.

Autrefois, au siècle dernier, les coulées de neige faisaient beaucoup de dégâts et de morts y compris dans les villages et sur les routes. Aujourd'hui, les drames sont circonscrits en général dans les zones inhabitées.

Bonne préparation

«Dans l'ensemble, les randonneurs à ski et les freeriders sont toujours mieux préparés et équipés, bien mieux qu'autrefois», observe Mme Haberkorn. Beaucoup suivent des cours de formation (au Club alpin suisse) et la très grande majorité sont équipés du matériel de secours nécessaire, à savoir un détecteur de victimes d'avalanches, une sonde et une pelle.

En conséquence de cette meilleure préparation, la nette augmentation du nombre de randonneurs et de freeriders ces dernières années ne s'accompagne pas d'une hausse des accidents graves. Il est à noter cependant que dans environ 90% des cas, les coulées sont déclenchées (involontairement) par les victimes elles-mêmes.

Selon les statistiques, seulement un peu plus d’une personne sur deux survit après avoir été ensevelie complètement (la tête dans la neige) par une avalanche de taille moyenne ou plus grande. L'étouffement est très fréquent. Le dégagement rapide des personnes enfouies est crucial, tout se jouant souvent dans les 15 premières minutes.

Le danger de mort existe même pour les personnes qui ne sont pas totalement enfouies: un décès sur sept découle de blessures graves.

Au total, les avalanches ont causé 168 accidents cette saison. Pas moins de 243 personnes ont été emportées, ce qui signifie, rapporté aux 21 morts, que la très grande majorité s'en sont sorties, moyennant la frayeur de leur vie.

La REGA, c'est quoi ?

La REGA, c'est quoi ?

Découvrez la REGA, garde aérienne suisse de sauvetage, à travers ses exploits et son engagement humanitaire.

12.04.2024