«Le sentiment d'une manipulation»A son procès en appel Marine Le Pen nie tout «système»
ATS
20.1.2026 - 18:53
Aux premières heures de son interrogatoire au procès en appel des assistants parlementaires d'eurodéputés du Front National, décisif pour sa candidature en 2027, la cheffe de l'extrême droite française Marine Le Pen s'est efforcée mardi de casser l'image d'un «système» institutionnalisé de détournements de fonds européens par son parti.
La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, répond aux journalistes après le discours du Nouvel An prononcé par le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, lundi 12 janvier 2026 à Paris (archives).
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20.01.2026, 18:53
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La justice lui reproche, ainsi qu'au Rassemblement national (RN, alors appelé Front National) et à d'autres cadres d'avoir payé entre 2004 et 2016 des salariés du parti avec de l'argent du Parlement européen – avec les enveloppes normalement dédiées aux assistants parlementaires.
«Le terme de 'système' me gêne, car on a le sentiment d'une manipulation», déclare à la cour Marine Le Pen en évoquant un concept-clé de l'accusation, validé par les juges de première instance. La triple candidate à l'Élysée dément avoir intentionnellement commis un délit dans cette affaire.
«Les cas des assistants parlementaires doivent être analysés les uns après les autres, car il m'apparaît qu'ils recoupent des réalités très différentes», soutient à la barre la patronne des députés RN de 57 ans.
«La masse salariale du Front national ne cesse d'augmenter, en 2014, 2015, 2016. Si vraiment il y avait eu une volonté en quelque sorte d'alléger le FN, ça se verrait de partout. Ça ne se voit absolument nulle part», affirme-t-elle.
L'interrogatoire de Marine Le Pen est prévu jusqu'à mercredi soir.
Le 31 mars 2025, le tribunal correctionnel de Paris l'a déclarée coupable et notamment condamnée à cinq ans d'inéligibilité avec exécution immédiate, l'empêchant en l'état de se présenter à l'élection présidentielle prévue en avril 2027.
En première instance, les juges ont établi le préjudice économique du Parlement de Strasbourg à 3,2 millions d'euros, une fois déduit 1,1 million d'euros de fonds indûment versés mais déjà remboursés par une partie des prévenus.
Sur les 25 condamnés en première instance, seule la moitié a fait appel.