Kirchner condamnéeMilei jubile : «Tous les journalistes corrompus ont été démasqués»
ATS
10.6.2025 - 23:23
La cour suprême argentine a confirmé mardi la condamnation de l'ex-présidente Cristina Kirchner à six ans de prison et une inéligibilité à vie pour fraude pendant sa présidence. La figure de la politique argentine depuis 20 ans devrait toutefois éviter la prison.
Javier Milei jubile après la condamnation de Cristina Fernandez Kirchner.
IMAGO/Anadolu Agency
Keystone-SDA
10.06.2025, 23:23
11.06.2025, 07:34
ATS
Dans son jugement, la cour considère que les peines prononcées en première et deuxième instances «étaient fondées sur les nombreuses preuves produites». En conséquence, elle «rejette le recours» de la politicienne de centre-gauche qui, en raison de son âge, 72 ans, devrait bénéficier d'une assignation à résidence. Elle a désormais cinq jours pour se présenter en vue de l'exécution de sa peine.
La cour suprême devait se prononcer sur le recours présenté par Mme Kirchner contre sa condamnation prononcée à la fin 2022 à six ans de prison et une inéligibilité à vie, pour «fraude au préjudice de l'administration publique» durant sa présidence. Le jugement avait été confirmé en deuxième instance en 2024.
L'affaire porte sur l'attribution de marchés publics - des chantiers routiers - dans le fief de Mme Kirchner à Santa Cruz pendant ses mandats présidentiels (2007-2015). Huit co-accusés, des ex-fonctionnaires provinciaux, chefs d'entreprises, avaient également été condamnés.
«Justice. Fin», a commenté peu après le jugement le président ultralilbéral Javier Milei sur le réseau social X.
«La République fonctionne et tous les journalistes corrompus, complices de politiciens menteurs, ont été démasqués dans leurs opérettes sur le prétendu pacte d'impunité», a-t-il ajouté en référence à des spéculations selon lesquelles divers pans de la scène politique se seraient entendus pour éviter une condamnation à Mme Kirchner.
L'ex-présidente, qui nie toute malversation, n'a eu de cesse dans cette procédure de dénoncer une «persécution politico-judiciaire» pour la «bannir» de la politique. «Ils me veulent soit prisonnière, soit morte», a-t-elle lancé à maintes reprises en référence à l'attentat auquel elle a réchappé en 2022.
De quelques centaines en matinée à plusieurs milliers en fin de journée, les sympathisants de Mme Kirchner se sont massés devant le siège du parti justicialiste (péroniste), exprimant leur soutien et leur colère à l'annonce du jugement, a constaté l'AFP.
Dans l'après-midi, plusieurs sympathisants péronistes et des syndicalistes avaient, face à l'imminence du jugement, procédé à des blocages d'axes routiers d'accès à la capitale, enflammant des pneus. Ces axes étaient en cours de dégagement en début de soirée.
Cristina Kirchner est la figure omniprésente de la gauche argentine depuis plus de 20 ans, passant successivement de première dame à cheffe d'Etat, puis à vice-présidente (2019-2023).
Avant elle, le président Carlos Menem (1989-1999) avait été condamné en 2015, pour corruption, mais son immunité parlementaire, par son mandat de sénateur, l'avait protégé d'une incarcération jusqu'à sa mort, en 2021.
L'inéligibilité empêchera Mme Kirchner de se présenter en septembre aux élections de la province de Buenos Aires, pour un poste de députée régionale qu'elle brigue.
Se poser en victime pourrait lui permettre de garder son influence sur l'opposition, où elle reste la personnalité la plus populaire, estime l'analyste politique Rosendo Fraga. «Il sera difficile à un péroniste de se dresser contre elle».
Mais son étoile a pâli. Si elle peut revendiquer le soutien d'un noyau dur, la clivante politicienne suscite un rejet bien plus large: 24% «de bonne ou très bonne opinion», contre 66% de «mauvaise ou très mauvaise», selon le baromètre bimestriel de l'université de San Andrés.
«Cristina a aujourd'hui un leadership limité, ce n'est plus la Cristina de 2019», considère l'historien politique Sergio Berensztein. Selon lui, deux hypothèses existent: «une influence même depuis une détention à domicile» ou, au contraire, «une espèce de morte lente» politique.
Plusieurs dirigeants syndicaux n'ont pas exclu une grève ces derniers jours, en cas de confirmation de la condamnation de Mme Kirchner. La CGT la plus grande centrale syndicale - qui a déjà convoqué trois grèves générales en 18 mois de gouvernement Milei -, a alerté sur «la démocratie en danger».
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