Banderole anti-Erdogan

Les auteurs présumés devant la justice à Berne

sr, ats

18.1.2022 - 09:55

Quatre militants de la gauche alternative accusés d'avoir déployé une banderole avec l'inscription «Kill Erdogan» lors d'une manifestation en 2017 à Berne comparaissent depuis mardi devant un tribunal bernois. Ils sont accusés d'appel public au crime ou à la violence.

À nouveau mardi devant le tribunal, des activistes ont sorti l'affiche contestée. La police bernoise est aussitôt intervenue.
ATS

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18.1.2022 - 09:55

C'est lors d'un rassemblement en faveur de la démocratie en Turquie que des participants ont brandi la banderole controversée. Cette manifestation autorisée, qui rassemblait des milliers de personnes, avait été organisée par des associations kurdes, le PS et les Verts ainsi que d'autres groupements.

La banderole avec l'inscription «Kill Erdogan with his own weapons» ("Tuez Edogan avec ses propres armes") aurait été introduite dans la manifestation par un groupe d'environ 150 personnes parties du centre culturel alternatif de la Reitschule. L'on pouvait aussi voir la tête du président turc avec un pistolet pointé sur lui.

Les organisateurs ont rapidement pris leurs distances avec cette action et n'ont pas été poursuivis. Un mouvement intitulé «Bern Revolutionary Youth Group» a revendiqué la responsabilité de la banderole. La Turquie a protesté le même jour auprès du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) et a exigé une enquête.

Opposition aux ordonnances pénales

Dès le lendemain de la manifestation, le Ministère public a ouvert une enquête pénale pour soupçons d'appel public au crime ou à la violence. Cette procédure a abouti il y a environ une année à quatre ordonnances pénales, selon les prévenus qui les ont contestées. C'est pour cette raison qu'ils comparaissent devant la justice.

Le procès sur deux jours se déroule dans un climat particulier, les accusés ayant annoncé leur intention de lui donner «un contenu politique», selon leur comité de soutien. Les cercles alternatifs et autonomes à Berne soutiennent l'opposition en Turquie et les mouvements kurdes.

Procès dans des conditions spéciales

Ce procès devant le tribunal régional Berne-Mittelland se déroule dans des conditions particulières. La justice a exclu, sans pour l'heure donner d'explications, le public de l'audience. Quant aux journalistes, ils ne peuvent couvrir le procès que s'ils signent au préalable une «déclaration d'engagement».

Les représentants des médias s'engagent ainsi à ne pas divulguer les noms des personnes impliquées ou toute information qui permettrait de les identifier comme l'activité professionnelle des plaignants, des témoins ou des accusés. S'ils le font, ils s'exposent à des accusations d'insoumission à une décision de l'autorité.

Le président du tribunal a déclaré mardi matin que les conditions strictes prévues pour les témoignages pourraient être assouplies, à condition que les témoins soient d'accord.

Avant le début du procès, une cinquantaine de partisans de l'accusé se sont rassemblés devant le siège du tribunal, à Berne. La police a sécurisé le bâtiment et, selon une vidéo de partisans, elle est intervenue lorsqu'une affiche indiquant «Killer Erdogan» a été présentée.

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