L'égérie antiguerre s'exprime

Ce n'est pas la guerre du peuple russe (Marina Ovsiannikova)

ATS

20.3.2022 - 16:12

La journaliste russe Marina Ovsiannikova, devenue une égérie antiguerre après son irruption pendant un journal télévisé pro-Kremlin, a appelé dimanche la population de son pays à dénoncer l'offensive de l'armée russe en Ukraine.

ATS

20.3.2022 - 16:12

epa09826233 A woman watches a recorded feed of the Russian Channel One's evening news broadcast TV show in which an employee enters Ostankino on-air TV studio with a poster reading ''No War. Stop the war. Don't believe the propaganda. You are being lied to here
Marina Ovsiannikova était apparue lundi dernier en plein direct pendant le journal télévisé le plus regardé de Russie. 
(KEYSTONE/EPA/DSK)

«Les temps sont très sombres et très difficiles, et chaque personne qui a une opinion civique, et qui veut faire connaître cette opinion, doit faire entendre sa voix. C'est très important», a-t-elle affirmé dans un entretien à la chaîne de télévision américaine ABC.

«Le peuple russe est vraiment contre la guerre, c'est la guerre de Poutine, pas la guerre du peuple russe», a-t-elle également soutenu.

Marina Ovsiannikova était apparue lundi dernier en plein direct pendant le journal télévisé le plus regardé de Russie, sur la chaîne Pervy Kanal, avec une pancarte critiquant l'opération militaire de Moscou en Ukraine et dénonçant la «propagande» des médias contrôlés par le pouvoir.

Exposer la propagande au grand jour

Sur ABC, elle a expliqué avoir voulu faire un acte qui ait «plus d'impact et qui attire plus l'attention» que les manifestations de rue qui sont réprimées par la police.

«Je pouvais voir ce qu'il se passait en réalité en Ukraine et ce que montraient les programmes de ma chaîne était très différent», a-t-elle affirmé.

En apparaissant pancarte en main derrière la présentatrice du journal, la journaliste de 43 ans voulait «montrer au reste du monde que les Russes sont contre la guerre, exposer au grand jour la propagande pour ce qu'elle est, et peut-être encourager des gens pour qu'ils dénoncent la guerre».

«J'espérais que mon acte, dans un sens, puisse faire que les gens changent d'avis», a-t-elle conclu.

Brièvement arrêtée, puis condamnée dans la foulée à une simple amende et laissée libre, Marina Ovsiannikova, qui a depuis quitté la chaîne, risque des poursuites pénales passibles de lourdes peines de prison, au terme d'une récente loi réprimant toute «fausse information» sur l'armée russe.

ATS