Chute d'un arbre à Vevey: le procureur abandonne les accusations

gsi, ats

7.12.2020 - 17:45

Un arbre était tombé sur trois adolescentes en juin 2014 à Vevey, blessant gravement deux d'entre elles (photo d'illustration).
ATS

Le Ministère public vaudois a abandonné les accusations dans l'affaire de l'arbre qui s'était écrasé à Vevey en 2014, rendant une adolescente paraplégique. Les faits reprochés au principal accusé sont prescrits.

Le drame remonte à juin 2014, lorsqu'un ailante de 12 mètres s'était effondré sur la place de la Gare à Vevey, blessant trois jeunes filles. A la suite du drame, l'une d'elles a perdu l'usage de ses jambes. Une autre a subi une grave blessure à la cheville, tandis que la troisième s'en est tirée avec une contusion au pied.

Dans son acte d'accusation datant de novembre 2019, le procureur Sébastien Fetter estimait que deux employés du service des parcs et jardins de Vevey ainsi qu'un paysagiste externe devaient être jugés pour lésions corporelles simples et graves par négligence.

Devant la Cour lundi après-midi, le procureur est toutefois revenu sur ses accusations. Il a reconnu que les deux employés communaux n'avaient pas «les connaissances spécifiques» pour déceler des signes sur l'arbre qui auraient permis d'éviter le drame.

Faits prescrits

Le procureur a été plus critique envers le paysagiste externe, mandaté par la Ville de Vevey en 2011 pour examiner cet ailante. Au vu de certains signes (tronc incliné, pourriture de la couronne), de l'âge du feuillu (entre 80 et 100 ans) et de son environnement (l'arbre était entouré d'asphalte), ce spécialiste des soins aux arbres n'aurait pas dû se contenter «d'un simple contrôle visuel», a estimé le procureur.

Selon lui, un examen phonique avec une martèle – une sorte de maillet – «aurait suffi pour constater que l'arbre était pourri» et qu'il fallait l'abattre.

Le représentant du Ministère public a toutefois abandonné les charges contre ce paysagiste. Et pour cause, les faits reprochés, qui datent de son contrôle en 2011, sont prescrits. Sous l'ancien droit en effet, la prescription était de 7 ans pour ce genre d'affaire (10 ans désormais).

«Avec diligence»

L'avocat du paysagiste a aussi souligné que son client n'avait pas été mandaté par la Ville de Vevey pour un examen détaillé de l'ailante, mais pour une simple taille.

De leur côté, les conseils des deux employés communaux ont insisté sur la position de «généralistes» de leurs clients, et non pas de spécialistes en contrôle des arbres. Outre un acquittement, ils ont demandé «une réhabilitation» sachant que ces deux employés ont effectué leur tâche «avec diligence.»

Pour l'avocat des victimes, il faut en revanche retenir la négligence pour le paysagiste et l'un des deux employés de la Ville de Vevey. Selon lui, ils auraient dû mener, ou au moins demander à d'autres spécialistes, des contrôles supplémentaires sur cet arbre.

Propos blessants

En clôture d'audience, les trois prévenus ont eu des mots pour les victimes et leur famille, disant compatir à leur situation. Dans la foulée, l'adolescente atteinte de paraplégie a dit «ne pas en vouloir personnellement» au paysagiste.

Elle s'est en revanche offusquée des propos des avocats qui estiment que les employés communaux de Vevey avaient rempli leur mission avec zèle. «J'accepte le fait qu'ils n'avaient peut-être pas les compétences pour juger de l'état de l'arbre. Mais dire qu'ils ont bien fait leur travail, cela va trop loin. C'est blessant au vu de ce que j'ai vécu», a dit la jeune fille.

Le Tribunal d'arrondissement de l'Est vaudois, qui s'était délocalisé lundi dans la salle d'audience cantonale de Renens, lira son jugement vendredi à 11h00.

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