Éclipse totale du soleil visible depuis le Chili et de l'Argentine

ATS

13.12.2020 - 09:37

epa08499707 The annular solar eclipse in Chiayi city, Taiwan, 21 June 2020. During this annular solar eclipse – the first of the decade – the moon appears to cover the sun, leaving the sun's halo as a visible rim forming an annulus, popularly known as the 'ring of fire.' EPA/RITCHIE B. TONGO
Éclipse totale du soleil (Image illustrative) 
KEYSTONE

Les Chiliens tourneront les yeux vers le ciel lundi pour admirer une nouvelle éclipse totale de soleil. Contrairement à celle observée l'an dernier le nombre de chanceux plongés dans la pénombre sera fortement réduit en raison des restrictions sanitaires.

En juillet 2019, le phénomène spectaculaire avait assombri le ciel pur du nord du Chili, où se trouvent plusieurs observatoires astronomiques, et rassemblé 300'000 personnes au milieu du désert de l'Atacama.

Lundi, ce sera la région d'Araucanie, à quelque 800 km au sud de Santiago, qui sera traversée par la trajectoire de l'ombre lunaire. Ce sera un évènement très particulier pour les communautés indigènes mapuches qui y vivent mais les restrictions sanitaires pour contenir la propagation du coronavirus limiteront sa vue au plus grand nombre.

Bande étroite de 90 km

Depuis jeudi, les déplacements en dehors de la région métropolitaine de Santiago, où vivent 7,1 millions des 15 millions d'habitants du pays, ont été interdits après une augmentation du nombre de cas positifs.

Cette mesure a découragé bon nombre de candidats pour observer ce nouvel alignement entre la Terre, la Lune et le Soleil attendu à 13h00 locales (17h00 en Suisse).

Pour assister à cette éclipse totale il faudra se trouver sur la trajectoire de l'ombre lunaire, sur cette bande étroite de 90 km où le noir sera total pendant deux minutes et neuf secondes.

Avec l'imposant volcan Villarrica – l'un des plus actifs du Chili – et la riche végétation du sud luxuriant du pays en toile de fond, le phénomène traversera ensuite la Cordillère des Andes pour être observé en Argentine, notamment au niveau de la touristique ville de Bariloche (sud), avant de disparaitre dans les eaux de l'Atlantique sud.

«Nuit de 2 minutes»

«Une nuit de deux minutes durant lesquelles la nature change», se délecte à l'avance le populaire astronome chilien José Maza, décrivant ce moment magique où les couleurs du ciel se transforment, prenant une étrange teinte violette, et font apparaître en plein jour étoiles mais aussi planètes telles Jupiter, Saturne ou Vénus.

«Au moment de l'éclipse, la température baisse d'environ 5 degrés et le vent se lève, donc si les gens ne sont pas à l'abri, ils auront légèrement froid», explique-t-il.

Chaque année, il y a deux éclipses totales du Soleil, mais selon la période de l'année et le moment de la journée elles sont plus ou moins visibles pour la population.

Si celle de l'année juillet 2019 était survenue au coucher du soleil, lundi le soleil s'éclipsera vers midi. «A midi le phénomène sera haut dans le ciel, et la sortie de l'éclipse se verra beaucoup mieux», se réjouit M. Maza.

Soleil vénéré «comme un dieu»

Après le grand rassemblement dans le désert de l'Atacama l'an dernier, la région d'Araucanie s'était emballée à l'idée de recevoir des milliers de touristes. Mais une fois de plus le Covid-19 a bouleversé les plans. Quelque 564'778 cas positifs ont été détectés au Chili et 15'690 personnes sont décédées depuis.

Les autorités craignent qu'à quelques semaines des célébrations de fin d'année, de nombreux rassemblements ne déclenchent de nouveaux foyers d'infection. Des contrôles stricts ont été annoncés aux abords de la zone de pénombre totale, en plus de l'interdiction de circuler la veille et le lendemain du phénomène cosmique.

Les indigènes mapuches, qui entretiennent une forte relation avec la nature et l'univers, lèveront les yeux avec ferveur, les pieds ancrés sur leur terre ancestrale.

Pendant des siècles, les éclipses solaires ont été considérées comme un événement dramatique, imprévisible, qui annonçait la mort du Soleil. «Les peuples primitifs vénéraient le Soleil comme un dieu, ils étaient déjà conscients que tout ce que nous sommes nous le devons au Soleil», estime l'astronome José Maza. «Sans soleil tout meurt sur Terre, absolument tout».

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