Ils scannaient le fond marinCoup de théâtre au fond des mers: une épave exceptionnelle découverte par hasard
Barman Nicolas
17.6.2025
C’est une découverte aussi rare que spectaculaire : à 2'567 mètres de profondeur, au large de Ramatuelle (Var), l’épave d’un navire marchand du XVIe siècle a été mise au jour par hasard en mars 2025 lors d’une mission militaire d’exploration des fonds marins. Une trouvaille exceptionnelle qui repousse les limites de l’archéologie sous-marine.
À son bord, les chercheurs ont recensé une cargaison spectaculaire : près de 200 pichets en faïence polychrome, décorés de motifs floraux, géométriques et religieux, dont le monogramme chrétien « IHS ».
Baptisée « Camarat 4 », en référence au cap voisin, cette embarcation longue de 30 mètres et large de 7 mètres constitue désormais l’épave la plus profonde jamais répertoriée dans les eaux sous juridiction française.
Une mission militaire devenue... avancée archéologique
Cette découverte, relatée par la Marine nationale française, s’est produite dans le cadre d’une opération conduite par le CEPHISMER, une unité spécialisée de la Marine nationale.
Prévue pour cartographier et sécuriser les grands fonds, la mission a débouché, fortuitement, sur un trésor archéologique d’exception. L’équipe a rapidement sollicité l’expertise du Drassm (Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines), rattaché au ministère de la Culture, pour évaluer le potentiel scientifique du site.
Une cargaison spectaculaire figée dans le temps
Grâce à des conditions extrêmes — absence de lumière, température proche de 0 °C, faibles courants —, l’épave s’est conservée dans un état remarquable, échappant à la corrosion et aux pilleurs.
À son bord, les chercheurs ont recensé une cargaison spectaculaire : près de 200 pichets en faïence polychrome, décorés de motifs floraux, géométriques et religieux, dont le monogramme chrétien « IHS ».
Ces objets, typiques des productions ligures de la Renaissance, reposent en partie encore piégés sous les sédiments. À cela s’ajoutent des assiettes, des barres de fer, des canons, une ancre et même deux chaudrons — un véritable instantané du commerce méditerranéen du XVIe siècle.
Un site archéologique sous haute technologie
Pour documenter et étudier le site, les équipes mobilisent des outils de pointe : photogrammétrie 3D, caméras 4K, bras robotisés téléopérés. Une mission de prélèvement ciblée est en préparation afin d’analyser les artefacts en laboratoire. Un collège pluridisciplinaire d’experts — archéologues, céramologues, restaurateurs, spécialistes de l’architecture navale — sera mobilisé pour tirer pleinement parti de cette opportunité scientifique.
Un terrain de recherche exceptionnel de la Renaissance
Présentée en juin 2025 à la conférence de l’ONU sur les océans à Nice, la découverte de « Camarat 4 » illustre non seulement l’importance de la coopération entre les forces armées et les institutions scientifiques, mais aussi la nécessité d’une meilleure compréhension et protection des fonds marins.
En attendant les premières analyses, le site s’annonce comme un terrain de recherche exceptionnel sur l’économie, les technologies et les échanges commerciaux de la Renaissance.
Certains aspects de cet article ont été élaborés avec l’aide d’une intelligence artificielle.