FranceCouple de policiers assassinés: perpétuité confirmée
ATS
21.6.2025 - 17:39
La cour d'assises spéciale de Paris a confirmé samedi en appel la condamnation de Mohamed Lamine Aberouz à la réclusion criminelle à perpétuité avec une période de sûreté de 22 ans pour complicité dans l'assassinat d'un couple de policiers près de Paris en juin 2016.
epa10913747 Josiane Schneider, mère de Jessica Schneider, la policière assassinée à Magnanville en 2016, s'adresse à la presse après avoir appris la condamnation à perpétuité de Mohamed Lamine Aberouz, à l'ancien Palais de Justice de Paris, en France, le 11 octobre 2023. (archives)
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21.06.2025, 17:39
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La cour a reconnu le Franco-Marocain de 31 ans coupable notamment de complicité d'assassinat d'une personne dépositaire de l'autorité publique et d'association de malfaiteurs terroriste. Debout dans son box, Mohamed Lamine Aberouz a accusé le coup à la lecture du verdict, retombant sur son banc, accablé.
Adepte d'un islam rigoriste et déjà condamné dans un dossier d'attentat djihadiste, l'accusé n'a cessé de proclamer son innocence dans cette affaire. Ses avocats, Vincent Brengarth et Nino Arnaud, ont annoncé à l'AFP le pourvoi de leur client en cassation.
«Je vous assure que je n'ai aucune responsabilité dans votre malheur», a déclaré l'accusé aux membres de la famille des deux victimes. Il a réitéré sa «condamnation ferme et absolue» de l'attentat et dit s'"être laissé berner» par son auteur, Larossi Abballa, tué par la police lors de l'assaut.
Egorgée devant son fils
Le soir du 13 juin 2016, Jessica Schneider, 36 ans, fonctionnaire de police au commissariat de Mantes-la-Jolie, a été égorgée à son domicile sous les yeux de son fils de trois ans. Un peu plus tard, son compagnon, Jean-Baptiste Salvaing, 42 ans, commandant au commissariat des Mureaux, a été poignardé de neuf coups de couteau alors qu'il s'apprêtait à rentrer chez lui.
Un même assassin: Larossi Abballa, ami de l'accusé. L'assaillant, qui était connu des services de renseignement, a revendiqué son acte au nom de l'organisation Etat islamique (EI) dans une vidéo. Il a été tué par la police lors de l'assaut pour libérer l'enfant du couple. Ce crime avait profondément traumatisé la police française et au-delà.
«Membre à part entière» de l'EI
Après quatre semaines de procès, le parquet général avait demandé vendredi à la cour de confirmer la peine de réclusion criminelle à perpétuité contre Mohamed Lamine Aberouz, assortie d'une période de sûreté de 22 ans, comme en première instance.
«Mohamed Lamine Aberouz est membre à part entière de l'Etat islamique», a affirmé l'avocate générale Naïma Rudloff. «Il a agi en djihadiste». Selon elle, l'assassin des deux policiers «n'a pas pu agir seul» et l'accusé «était sur les lieux du crime» le soir du 13 juin 2016.
Le principal élément à charge contre Mohamed Lamine Aberouz, demeure une trace ADN retrouvée sur le repose-poignet droit de l'ordinateur personnel du couple de policiers.
Si l'accusation soutient qu'il s'agit d'un «ADN de contact primaire», la défense affirme qu'il s'agit «d'un transfert» d'ADN apporté sur les lieux par l'assassin. Des experts, cités à la barre, ont refusé de trancher entre ces deux hypothèses.
Mohamed Lamine Aberouz maintient qu'il se trouvait le soir de l'attentat à la mosquée même si aucun témoin, hormis ses frères, ne s'en souvient. En 2021, il avait été condamné en appel à cinq ans de prison pour «non-dénonciation d'un crime terroriste», dans l'enquête sur un commando de femmes soupçonné d'avoir préparé un attentat cinq ans plus tôt près de la cathédrale Notre-Dame de Paris.