Cyberharcèlement d'une journaliste: proche de l'ultradroite relaxé

ats

17.12.2020 - 16:16

Un sympathisant de l'ultradroite soupçonné d'avoir participé au harcèlement en ligne d'une journaliste lyonnaise, victime de menaces et insultes racistes depuis 2017, a été relaxé en appel jeudi à Lyon. La Cour a notamment estimé que le délit d'insulte était prescrit.

La Cour d'appel a annulé la condamnation du prévenu à six mois de prison avec sursis prononcée en décembre 2019. Elle a estimé que délit d'insulte «par le moyen du partage» d'un article au vitriol publié sur le site raciste et antisémite «Démocratie participative», pour lequel il avait été condamné, était prescrit depuis 2018, soit un an après le délit concerné.

Par ailleurs l'homme mis en cause a de nouveau été relaxé du délit d'injure publique contre la journaliste lyonnaise Julie Hainaut. Il n'a encore une fois pas pu être prouvé qu'il est l'auteur de l'article paru sur ce site aujourd'hui interdit.

Auteurs jamais inquiétés

«Voilà comment sont maltraitées judiciairement les victimes de cyberharcèlement», s'est insurgé l'avocat de la journaliste, Eric Morain. «Depuis toujours nous avons été en colère sur la façon dont cette instruction a été menée ou plutôt malmenée. Nous avions raison au-delà de nos pires craintes», a-t-il ajouté. Il a regretté que les principaux auteurs de ces articles et insultes n'aient jamais été inquiétés.

Mme Hainaut a tenté de faire condamner – sans succès – les responsables du site «Démocratie participative», hébergé aux États-Unis. Son administrateur présumé, le blogueur ultranationaliste Boris Le Lay, localisé pour la dernière fois au Japon, demeure recherché après plusieurs condamnations par défaut, notamment pour provocation à la haine raciale et antisémitisme.

Pseudonyme «Heinrich»

L'avocat du prévenu a salué une «victoire de la justice». L'article relayé par le prévenu, signé sous le pseudonyme «Heinrich», avait été le premier acte d'une série de harcèlements en ligne.

Ces derniers ont été déclenchés par la publication d'un papier de la journaliste, en septembre 2017, dans l'hebdomadaire culturel lyonnais «Le Petit bulletin». Elle y racontait une soirée passée dans un bar du 6e arrondissement de Lyon où les gérants faisaient devant elle l'apologie de la colonisation.

Sa parution avait déclenché l'ire des auteurs de «Démocratie participative», qui avaient immédiatement rédigé un article intitulé: «Une p... à nègres féministe veut détruire un bar à rhum colonialiste: mobilisation!». Un flot d'insultes s'était déversé sur le site – «négrophile pathologique», «prostituée», «femelle hystérique», «hyène puante», et d'autres encore plus violentes.

Dans la foulée, la journaliste avait été la cible de nombreuses attaques sur les réseaux sociaux et avait reçu plusieurs courriers électroniques menaçants. En mars 2018, elle assurait à la police avoir été suivie par des individus qui l'attendaient devant chez elle.

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ats