Déchets dangereux: élus suisses et français opposés au confinement

ATS

17.9.2021 - 21:01

Les élus du Conseil Rhénan, qui rassemble des élus suisses, allemands et français, se sont opposés à l'enfouissement définitif des déchets dangereux dans une ancienne mine de potasse dans le Haut-Rhin en France. Ils ont adopté vendredi une résolution en ce sens.

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17.9.2021 - 21:01

Le Conseil «s'oppose à la décision prise par le ministère de la Transition écologique (français) en janvier 2021 de procéder au confinement immédiat du site de StocaMine sans déstockage supplémentaire», indique l'assemblée dans un communiqué.

Dans sa résolution intitulée «Réduire le risque de pollution des eaux souterraines du fossé rhénan en appliquant le principe de précaution», les 71 élus locaux allemands, suisses et français de la région du Rhin supérieur demandent «le déstockage immédiat» du site de Wittelsheim (près de Mulhouse en France).

StocaMine «devient de moins en moins stable, entraînant des risques pour les eaux souterraines en raison des toxines qui y sont stockées», s'alarme ce Conseil trinational, créé en 1997 pour améliorer la concertation politique du Rhin Supérieur.

La nappe phréatique et les eaux souterraines de cette région «alimentent un bassin de vie de six millions d'habitants», rappelle la résolution. Elle s'inquiète des prévisions des «rapports d'expertise» selon lesquels StocaMine «sera noyé malgré la mise en place de bouchons en béton», l'échéance de cette inondation demeurant toutefois incertaine.

Déchets «très toxiques»

«42'000 tonnes de déchets demeurent entreposées» dans ce site sous-terrain, «dont plusieurs milliers de tonnes (...) très toxiques (mercure, arsenic, cadmium notamment)», pointe le texte, mettant en garde contre «une pollution de la nappe phréatique» qui «aurait à long terme un coût écologique, humain et financier bien plus élevé que celui «d'un déstockage supplémentaire».

A la fin des années 1990, cette mine de potasse en fin de vie avait été reconvertie en décharge industrielle souterraine pour y stocker 320'000 tonnes de déchets dangereux, mais non radioactifs. L'apport de déchets a été arrêté dès 2002 après l'incendie d'un lieux de stockage, alors que plus de 40'000 tonnes avaient été descendues à 500 mètres sous terre.

Après des années de tergiversations, la ministre française de la Transition écologique Barbara Pompili a opté en janvier pour un confinement définitif, dans du béton, des déchets déjà enfouis, une décision qui a suscité l'ire d'élus locaux et d'associations environnementales.

La Collectivité européenne d'Alsace (CEA) a notamment déposé la semaine dernière un référé-suspension devant la justice pour empêcher le début des opérations d'enfouissement définitif. Vendredi, des militants écologistes se sont enchaînés devant le site pour signifier eux aussi leur opposition au confinement.

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