Un pouce blessé Il en vient aux mains avec une pasteure et la traîne devant le tribunal

Marius Egger

12.1.2026

Une pasteure de Wetzikon a été acquittée par le tribunal de district de Hinwil de l'accusation de blessures corporelles. Un participant à un voyage de l'Eglise au Chili lui avait reproché de l'avoir blessé au pouce lors d'une dispute dans le car.

Une pasteure a dû répondre de ses actes vendredi au tribunal de district de Hinwil. (image d'illustration)
Une pasteure a dû répondre de ses actes vendredi au tribunal de district de Hinwil. (image d'illustration)
Image : Keystone

Samuel Walder

L'affaire remonte à un voyage de l'Eglise en novembre 2023. Un groupe de retraités de la paroisse de Wetzikon a voyagé au Chili sous la direction de la pasteure Sara T.. Lors d'une excursion vers une lagune, un incident s'est produit dans le car, qui a ensuite occupé la justice.

Hans K. et son épouse de l'époque, Claudia K., faisaient partie du voyage. Selon l'acte d'accusation, la pasteure a remarqué que Claudia K. n'était pas en bonne santé. Lorsque Sara T. s'est tournée vers la femme, Hans K. s'est senti dérangé. Il aurait alors saisi la pasteure par le haut du bras. Par la suite, Sara T. se serait défendue, notamment en écrasant le pouce de Hans K. sur sa cuisse.

Le ministère public, qui n'était pas présent vendredi, a reproché à la pasteure d'avoir blessé Hans K. à l'articulation du pouce. Il a dû être opéré par la suite. Une amende de 22'500 francs ainsi qu'une amende de 5600 francs ont été requises.

Versions divergentes

Au tribunal, il est rapidement apparu que les versions des deux parties divergeaient fortement. Hans K. s'est défendu lui-même, Sara T. était représentée par un avocat.

Hans K. a reconnu avoir saisi la pasteure par le bras. Dans sa version, celle-ci aurait toutefois réagi de manière agressive, aurait gesticulé devant son visage et lui aurait ensuite appuyé le pouce sur la cuisse.

Sara T. a fermement contesté cette version des faits. Elle a expliqué que Hans K. lui avait crié dessus et l'avait maintenue. Elle lui aurait simplement demandé de la lâcher. Elle a rejeté l'accusation selon laquelle elle aurait blessé le pouce du plaignant.

Il n'y avait pas de témoins indépendants qui auraient assisté au moment décisif.

Deux versions complètement différentes

Hans K. a attribué la dispute à un incident survenu la veille. La pasteure aurait conseillé au groupe de voyageurs de boire du thé à la coca et de mâcher des feuilles de coca. Le lendemain, plusieurs participants au voyage se seraient sentis mal, dont sa femme. Il a supposé qu'il y avait un lien et a déclaré être en colère contre la guide.

Lors du procès, Hans K. a demandé des dommages et intérêts de 5328 francs, plus les intérêts. La caisse-maladie avait certes pris en charge les frais d'opération, mais lui avait annoncé un éventuel recours. Il a en outre demandé une indemnité pour tort moral de 20 000 francs.

Parole contre parole

La défense de la pasteure a plaidé l'acquittement. Certes, c'est parole contre parole, mais personne n'a vu que Sara T. avait blessé le pouce de Hans K.. De plus, la chronologie des faits contredit l'accusation: Hans K. n'a demandé une aide médicale qu'environ une semaine après son retour du Chili.

Après environ 45 minutes de délibération, le tribunal a acquitté Sara T.. Le juge a souligné que seul le chef d'accusation de lésions corporelles simples devait être jugé. En présence de deux déclarations contradictoires et d'un manque de preuves, aucune condamnation ne pouvait être prononcée.

Pour qu'il y ait culpabilité, il faut des preuves claires, ce qui n'est pas le cas ici.

Le jugement n'est pas encore définitif et peut faire l'objet d'un recours.