«Je n'ai pas voulu tout ça»La femme qui a tué son mari à Vernier livre des explications confuses
ATS
17.11.2025 - 17:41
Près de quatre ans après les faits, la femme qui a tué son mari près du Rhône, à Vernier, comparaît devant le Tribunal criminel de Genève. Poursuivie pour assassinat, elle a livré lundi des explications confuses, se posant en victime.
Le procès se poursuit mardi avec le réquisitoire et les plaidoiries. Le verdict est attendu en fin de semaine.
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17.11.2025, 17:41
17.11.2025, 17:51
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«Je vais faire quoi de ma vie, moi? Je n'ai pas voulu tout ça. S'il n'avait pas eu d'arme, je n'aurais jamais fait une chose pareille», a relevé, en larmes, la prévenue de 50 ans. Selon elle, son mari était menaçant. Mais des témoins ont rapporté que c'est elle qui avait acheté une arme pour se protéger des cambrioleurs. Et treize jours avant le drame, elle a recherché sur Internet le moyen de s'en servir.
Le soir du 29 décembre 2021, alors que le couple s'était récemment encore disputé, elle a suivi son mari, de quinze ans son cadet et originaire de l'Ile Maurice, sur un chemin isolé. Elle lui a tiré une balle de revolver dans le dos après avoir été traitée de «pute», a-t-elle indiqué, insistant sur le soulagement physique qu'elle a alors ressenti. Puis elle est rentrée à la maison prendre une douche.
L'homme a réussi à appeler la police, mais il est mort une heure plus tard, avant l'arrivée de l'ambulance. Devant la cour, la prévenue a affirmé que rien, dans l'attitude de son mari, n'indiquait qu'il était blessé. Ce qui explique pourquoi elle n'a pas appelé les secours: «Sinon, ce serait lui qui serait allé en prison, et je ne serais pas là en train de souffrir.»
«Jalouse et contrôlante»
Dès le début, leur relation est émaillée de disputes: il lui reproche de ne pas pouvoir se marier, car elle n'est pas encore divorcée du père de ses enfants, il boude, prend des drogues et boit, selon elle. L'argent est aussi un motif de conflits, comme ce différend sur le montant à jouer au casino la veille ou le jour même du drame – elle ne sait plus et livre des réponses confuses.
«Etait-ce plus avantageux d'être veuve que divorcée?» lui demande une des juges, relevant qu'elle ne voulait pas partager sa prévoyance professionnelle. La prévenue a précise qu'ils s'étaient mariés deux ans plus tôt sous le régime de la séparation de biens. Mais à cause de lui, elle a une dette importante envers le fisc, à laquelle s'ajoutent à présent ses frais d'avocat, a-t-elle déploré.
Les expertises psychiatriques décrivent une femme «jalouse et contrôlante», souffrant d'un «grave trouble mixte de la personnalité paranoïaque et borderline». «Mon fils avait peur d'elle. Elle ne l'a pas pris pour un époux, mais pour un serviteur», a indiqué la mère de la victime, estimant que sa belle-fille ment. Le trentenaire avait décidé de rentrer à l'Ile Maurice peu avant d'être tué.
«Très honnête»
Deux femmes ont été entendues en tant que témoins de moralité dans l'après-midi. La première, une patiente en chaise roulante, a évoqué une femme «très honnête». La seconde, son employeur pendant vingt ans, trouvait qu'elle «n'était plus la même personne». D'ailleurs, la prévenue avait cessé de parler de son compagnon quand elle lui a fait remarquer qu'elle ne devait pas se marier si vite.
Le procès se poursuit mardi avec le réquisitoire et les plaidoiries. Le verdict est attendu en fin de semaine.