FranceLa justice rejette la demande de mise en liberté de Péchier
ATS
11.2.2026 - 15:47
La justice a rejeté mercredi une demande de remise en liberté de l'anesthésiste Frédéric Péchier, condamné en décembre à perpétuité pour 30 empoisonnements dont 12 mortels. Il demandait à sortir de prison pour mieux préparer son procès en appel, a-t-on appris auprès des avocats de la défense et de la partie civile.
L'avocat des plaignants, Frédéric Berna, s'adresse à la presse à sa sortie du tribunal après avoir entendu le verdict dans le procès de l'ancien anesthésiste Frédéric Pechier, condamné à la prison à perpétuité pour avoir intentionnellement empoisonné 30 patients, enfants et adultes, dont 12 sont décédés, dans la ville de Besançon, dans l'est de la France, le 18 décembre 2025. (archives)
AFP
Keystone-SDA
11.02.2026, 15:47
ATS
La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Besançon a rejeté la demande de l'accusé de 54 ans, ont dit à l'AFP son défenseur Randall Schwerdorffer ainsi que l'un des avocats des parties civiles, Frédéric Berna.
Une remise en liberté causerait un «trouble à l'ordre public» et l'accusé risquerait de faire pression sur les témoins et il n'est pas garanti qu'il se présenterait à son procès, a estimé la chambre d'instruction à l'issue d'une audience de près de quatre heures et d'un court délibéré.
«Nous allons déposer un recours en cassation contre cette décision», a dit à l'AFP Me Schwerdorffer, qui s'est refusé à tout autre commentaire.
Pour les victimes et leurs familles, cette décision est un «soulagement», a commenté pour sa part Me Berna. «Nos clients n'auraient vraiment pas encaissé une remise en liberté. Ils auraient trouvé cela invraisemblable», a-t-il ajouté.
«Présumé innocent»
Incarcéré depuis le verdict de la cour d'assises du Doubs, le 18 décembre, le médecin de 54 ans a toujours clamé son innocence. Il a expliqué pendant l'audience qu'il venait d'étoffer son équipe de défenseurs – il a recruté Emmanuelle Franck, qui avait défendu Cédric Jubillar -, et qu'il avait besoin d'être en liberté pour préparer le dossier en détail avec cette nouvelle avocate.
L'anesthésiste a été reconnu coupable d'avoir, entre 2008 et 2017, empoisonné 30 patients – dont 12 sont morts – en polluant des poches de perfusion avec différents produits pour provoquer un arrêt cardiaque ou des hémorragies. Il n'avait jamais été incarcéré pendant l'instruction et a comparu libre pendant son long procès.
Bien que condamné en première instance, il «reste présumé innocent» dans l'attente de son deuxième procès, a souligné son avocat Randall Schwerdorffer. Or, «préparer son procès dans de bonnes conditions, je ne peux pas le faire (s'il reste) incarcéré», a insisté le défenseur, qui a demandé un placement sous contrôle judiciaire et une assignation à résidence du médecin chez ses parents, à Poitiers.