Il aurait menacé une de ses collègues inspectrices de police

mf, ats

12.1.2022 - 16:04

Un inspecteur de la brigade de lutte contre la traite d'êtres humains et la prostitution de la police genevoise comparaissait mercredi devant le Tribunal de police. Il devait répondre de menaces à l'encontre d'une collègue inspectrice de la brigade financière. Le prévenu a contesté les accusations et a demandé son acquittement. L'affaire a été gardée à juger.

Le Tribunal de police devra trancher entre les déclarations opposées de deux inspecteurs (photo d'illustration).
ATS

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12.1.2022 - 16:04

Les faits se sont produits en mars 2019. L'inspectrice enquêtait sur les pratiques financières d'un gérant de salons de massage des Pâquis. C'est en fouillant le téléphone du suspect après son arrestation que les investigations ont pris une tournure inattendue. L'appareil contenait en effet de nombreux textos de policiers.

«Il y avait des éléments pouvant ressortir du pénal», a expliqué l'inspectrice au juge. Les messages témoignaient d'une «très grande proximité» entre le prévenu et le gérant de salons érotiques. La justice a d'ailleurs ouvert plusieurs procédures, dont une visant l'accusé pour violation du secret de fonction.

C'est dans ce contexte explosif, au sein d'une police judiciaire en ébullition, que l'accusé aurait menacé la plaignante. Le prévenu aurait demandé, lors d'une rencontre fortuite, à un inspecteur de la brigade financière si sa collègue n'avait pas peur «de se faire péter les genoux un soir en sortant de l'Hôtel de Police».

Sur le qui-vive

Ces mots ont ensuite été rapportés à l'inspectrice. «J'ai été choquée», a-t-elle raconté au tribunal. «Je regardais autour de moi quand je sortais du travail». Selon elle, il y avait toutes les raisons de croire à la menace. «J'avais découvert des éléments» qui pouvaient compromettre une carrière.

L'accusé, de son côté, a contesté les menaces qui lui sont attribuées et pour lesquelles il a été condamné, dans une ordonnance du Ministère public, à une peine pécuniaire avec sursis. A ses yeux, l'inspecteur de la brigade financière est soit un menteur soit il a relayé des propos tenus par quelqu'un d'autre que lui.

L'avocat du prévenu Marco Crisante a estimé que l'on ne pouvait pas se fier aux déclarations de cet inspecteur, car elles étaient «hésitantes, contradictoires et fluctuantes». Une fois, il parle de jambes, une autre fois de genoux, a-t-il fait remarquer, déplorant «un climat de délation totale au sein de la brigade financière».

Alexandre Camoletti, l'avocat de la plaignante, a de son côté souligné que sa cliente était fondée à s'inquiéter des propos qui lui avaient été rapportés. A l'époque, elle ne savait pas sur quoi allait déboucher l'enquête concernant les liens entretenus par ce gérant de salons érotiques avec des policiers.

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