Morte brûlée viveIl met le feu à son appartement et tue sa compagne enceinte
Gregoire Galley
5.6.2025
La cour d'assises de la Moselle juge, à partir de jeudi, Maroof Easakhail, accusé d'avoir tué sa compagne enceinte en déclenchant un incendie volontaire dans l'appartement qu'ils occupaient à Metz en juin 2022.
Maroof Easakhail est accusé d'avoir tué sa compagne enceinte en déclenchant un incendie volontaire dans l'appartement qu'ils occupaient à Metz (image d’illustration).
ats
Agence France-Presse
05.06.2025, 07:42
Gregoire Galley
L'homme de 33 ans, né en Afghanistan, a toujours nié avoir mis le feu à l'appartement familial, où il est également accusé d'avoir piégé sa compagne après s'être assuré personnellement une «sortie de secours».
Enceinte de cinq mois, Anita Gash, 25 ans, avait été secourue mais dans un état critique. Brûlée à 90% au troisième degré, elle devait décéder des suites de ses blessures un mois après les faits. Elle n'a jamais pu être entendue. Enceinte de cinq mois, le foetus qu'elle portait a été déclaré mort le lendemain du drame.
«L'incendie résulte d'une action volontaire humaine», a considéré l'expert, qui a relevé des «foyers distincts dans différentes pièces» ainsi qu'un «phénomène d'épandage», est-il indiqué dans un document d'enquête dont l'AFP a eu connaissance. Dans le logement, les enquêteurs ont retrouvé un bidon de cinq litres étiqueté «eau déminéralisée» dont le contenu dégageait une forte odeur d'essence.
Maroof Easakhail a changé trois fois de version au cours de l'instruction. En dernier lieu, il a affirmé s'être couvert d'un drap et avoir sauté par la fenêtre.
Mais des incohérences ont été constatées entre les diverses versions de l'accusé, contredites par des constatations scientifiques. Assurant avoir «tout fait pour sauver sa compagne», il ne présentait pour autant aucune traces de brûlure ou de suie.
Des voisins ont aussi entendu une femme crier «arrête, arrête», quelques instants avant d'entendre une déflagration et de découvrir la fumée noire de l'incendie.
Ils ont évoqué aussi des violences commises sur la victime enceinte et leur enfant de quatre ans, qui n'était pas sur place lors de l'incendie. D'après la famille de la victime, cette dernière souhaitait se séparer de son compagnon, une décision que ce dernier n'acceptait pas.