Encore des dizaines de disparus Incendie de Hong Kong: 128 morts selon un nouveau bilan

ATS

28.11.2025 - 09:53

Le feu qui a ravagé un complexe résidentiel de Hong Kong mercredi a fait 128 morts, a indiqué vendredi le chef de la sécurité Chris Tang. Des dizaines de personnes sont toujours portées disparues après le pire incendie qu'ait connu la ville depuis des décennies.

Le bilan de l'incendie à Hong Kong ne cesse de s'alourdir.
Le bilan de l'incendie à Hong Kong ne cesse de s'alourdir.
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Keystone-SDA

Un précédent bilan faisait état d'au moins 94 morts. Le sinistre a fait 79 blessés, ont indiqué les services de secours et de sécurité devant la presse. Sur les 128 personnes décédées, 89 ne sont toujours pas identifiées, ont-ils précisé.

Les familles des disparus continuent à écumer les hôpitaux avec l'espoir que les leurs ne fassent pas partie des victimes, alors que le combat contre les flammes est achevé depuis vendredi matin.

L'enquête pour déterminer les causes du plus grave incendie à Hong Kong depuis 1948 est toujours en cours et pourrait prendre trois ou quatre semaines, a déclaré le chef de la sécurité.

Sécurité défaillante

Mais, à ses côtés, le chef des pompiers de Hong Kong Andy Yeung a confirmé les défaillances des dispositifs de sécurité face à un incendie dont les origines restent à établir.

Les pompiers ont dépêché sur place une équipe de spécialistes après de nombreux témoignages selon lesquels les alarmes n'avaient pas sonné. «Nous avons constaté que les systèmes d'alarme dans les huit bâtiments ne fontionnaient pas correctement», a-t-il dit, corroborant les dires de nombreux témoins interrogés par l'AFP.

Après plus de quarante heures, les pompiers, mobilisés par centaines, ont mis fin peu après 10h00 (03h00 suisses) à leurs opérations de lutte anti-incendie dans les immeubles de 31 étages du complexe en cours de rénovation de Wang Fuk Court. Ils sont entrés vendredi dans les derniers appartements auxquels ils n'avaient pas accédé.

Recherche des disparus

La tragédie a donné lieu à d'innombrables et douloureux récits de l'épreuve subie dans la fournaise et la panique ou au moment de l'identification des victimes.

Mme Wong, 38 ans, raconte en pleurs faire le tour des hôpitaux à la recherche de sa belle-soeur et de la soeur jumelle de celle-ci. Jeudi, elle s'est rendue en vain avec sa soeur à une opération d'identification à partir de photos des victimes. «J'ai le coeur fragile et je ne pensais pas être capable de regarder les photos» de ses proches si elles étaient décédées, rapporte-t-elle.

Elle a repris un peu d'espoir en entendant parler de victimes inconnues admises en soins intensifs à l'hôpital Prince of Wales. Mais «on est toujours sans nouvelles», se lamente-t-elle.

Enquête pour corruption

Le drame a causé un choc dans le territoire à statut spécial de la Chine, et rappelé sa vulnérabilité. Hong Kong, qui compte 7,5 millions d'habitants, affiche une densité moyenne de plus de 7100 habitants au kilomètre carré. Un chiffre jusqu'à trois fois supérieur dans les zones les plus urbanisées.

La tragédie a aussi déclenché de multiples questions sur les causes de l'incendie et la promesse d'une enquête pour corruption. L'usage d'échafaudages en bambou et l'emploi de matériaux synthétiques aisément inflammables ont pu accélérer la propagation du feu.

Le département hongkongais du Travail a indiqué dans un communiqué que l'entrepreneur avait été destinataire par le passé de rappels écrits concernant les règles anti-incendie. Le communiqué ne dit pas clairement cependant que l'entrepreneur était en faute sur ce sujet.

Les habitants du complexe de près de 2000 logements inauguré en 1983 dans le quartier de Tai Po, dans le nord de Hong Kong, ont raconté avec effroi la vitesse de l'incendie. «Un des bâtiments s'est embrasé, les flammes se sont propagées à deux autres blocs en moins de 15 minutes», dit une dame de 77 ans du nom de Mui. «C'est allé très vite. Tout était rouge.»

La police a annoncé avoir arrêté trois hommes, soupçonnés de «grossière négligence», après la découverte de matériaux inflammables abandonnés lors de travaux et qui ont permis au feu de «se propager rapidement», par vent soutenu. Le niveau exact de leur implication dans le départ du feu n'est pas clair.

Entraide spontanée

Les activités relatives aux élections législatives du 7 décembre ont été suspendues. Le gouvernement local a annoncé la création d'un fonds de 300 millions de dollars de Hong Kong (environ 31 millions de francs) pour l'aide aux victimes et neuf abris provisoires ont ouvert.

Le drame a suscité un vaste mouvement d'entraide spontanée. Des bénévoles ont dressé près de Wang Fuk Court des stands pour distribuer des vêtements ou de la nourriture, et apporter un soutien psychologique ou médical. La solidarité est telle que les organisateurs ont fait passer le message sur les réseaux sociaux qu'ils n'avaient plus besoin d'aide.