La morosité régnait samedi sur Hong Kong où les premiers hommages et veillées funèbres ont débuté à la suite de l'immense incendie d'un complexe immobilier qui a fait au moins 128 morts et des dizaines de disparus. Trois minutes de silence ont été observées.
Le combat contre les flammes s'est achevé vendredi matin après 10h00 dans les huit immeubles de 31 étages du complexe de Wang Fuk Court.
John Lee, au centre du cliché, et plusieurs ministres ont observé trois minutes de silence.
Des dizaines de personnes sont encore portées disparues à Hong Kong.
Hong Kong à l'heure du recueillement après l'incendie - Gallery
Le combat contre les flammes s'est achevé vendredi matin après 10h00 dans les huit immeubles de 31 étages du complexe de Wang Fuk Court.
John Lee, au centre du cliché, et plusieurs ministres ont observé trois minutes de silence.
Des dizaines de personnes sont encore portées disparues à Hong Kong.
A 08h00 (01h00 en Suisse), le chef de l'exécutif de la ville John Lee, des ministres et plusieurs dizaines de hauts fonctionnaires se sont immobilisés et tus devant les locaux du gouvernement, où les drapeaux étaient en berne.
Près du complexe immobilier sinistré, des personnes sont venues pleurer les victimes en déposant des fleurs. «Que vos esprits au ciel gardent toujours la joie vivante», disait une note de souvenir placée sur le site.
Le combat contre les flammes s'est achevé vendredi matin après 10h00 dans les huit immeubles de 31 étages du complexe de Wang Fuk Court. Le chef de la sécurité du territoire, Chris Tang, a fourni vendredi un bilan de 128 morts, dont 89 toujours non identifiés, plus d'une centaine de personnes portées disparues et 79 blessés.
«Nous n'excluons pas la possibilité que la police trouve d'autres corps calcinés quand elle entrera [dans les bâtiments] pour recueillir des preuves», a-t-il souligné.
Cause pas encore connue
C'est l'incendie d'immeuble le plus meurtrier depuis 1980 dans le monde, à l'exclusion de feux survenus dans des boîtes de nuit, des prisons ou des centres commerciaux, d'après des recherches dans la base de données des catastrophes de l'université de Louvain (Belgique).
Les causes initiales de ce qui est aussi le plus grave incendie à Hong Kong depuis 1948 ne sont toujours pas connues. L'enquête est en cours et pourrait prendre trois ou quatre semaines, selon M. Tang.
Une commission de Hong Kong a annoncé vendredi soir l'arrestation de huit personnes pour des faits présumés de corruption sur le marché de rénovation de l'ensemble d'environ 2000 logements, inauguré en 1983 dans le quartier de Tai Po, dans le nord de Hong Kong.
Il s'agit de sept hommes et d'une femme, âgés de 40 à 63 ans, parmi lesquels deux responsables du bureau d'études en charge de la rénovation, deux chefs de travaux, trois sous-traitants en échafaudages et un intermédiaire.
Filets, bambou et mousse
La police avait déjà annoncé avoir arrêté trois hommes, soupçonnés de «grossière négligence», après la découverte de matériaux inflammables abandonnés lors de travaux et qui ont permis au feu de «se propager rapidement».
M. Tang a confirmé que, selon les constatations préliminaires, la propagation du feu, déclenché depuis les parties basses des filets du chantier protégeant contre la poussière et les chutes d'objets, aurait été favorisée par l'emploi, commun à Hong Kong, de bambou pour les échafaudages et de matériaux inflammables comme des panneaux de mousse protégeant les fenêtres.
Le chef des pompiers de Hong Kong Andy Yeung a quant à lui confirmé les défaillances des dispositifs de sécurité. «Nous avons constaté que les systèmes d'alarme dans les huit bâtiments ne fonctionnaient pas correctement», a-t-il dit, corroborant les dires de nombreux témoins affirmant que les alarmes n'ont pas fonctionné.